Comment acheter des actions ? Le guide 2026 étape par étape

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Acheter des actions

Comment acheter des actions : en résumé

Acheter des actions se joue en quatre décisions : une enveloppe (le PEA en priorité, taxé à 18,6 % après 5 ans, contre 31,4 % de flat tax sur un compte-titres), un courtier régulé (de 0 à 2 € l’ordre chez les acteurs en ligne), une valeur identifiée par son code ISIN, et un ordre d’achat (à cours limité pour garder la main sur le prix). L’ouverture du compte prend quelques minutes, et les fractions d’actions dispensent d’un gros capital de départ.

➡️ Les cinq étapes que déroule ce guide :

  • Étape 1 : choisir son enveloppe fiscale (PEA, CTO ou assurance-vie),
  • Étape 2 : choisir un courtier régulé, en comparant les frais réels,
  • Étape 3 : trouver ses actions (ISIN, actions entières ou fractionnées, ETF),
  • Étape 4 : passer son premier ordre d’achat,
  • Étape 5 : gérer son portefeuille dans la durée (DCA, diversification).
Acheter des actions

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Pourquoi acheter des actions ?

Une action est une part du capital d’une entreprise cotée : en l’achetant, vous devenez actionnaire, avec un droit de vote en assemblée générale et, le cas échéant, un droit aux dividendes. Vos gains viennent de deux sources : la plus-value si vous revendez plus cher, et les dividendes que certaines entreprises versent chaque année (pas toutes : Tesla, par exemple, n’en distribue pas).

Pourquoi s’y intéresser ? Parce qu’aucune classe d’actifs accessible au particulier n’a fait mieux sur la durée : le CAC 40, dividendes réinvestis, affiche environ 9 % par an en moyenne depuis sa création en 1987 (données Euronext), et les grands indices mondiaux évoluent dans une fourchette de 7 à 9 % par an sur longue période. La contrepartie ne se négocie pas : le capital n’est pas garanti, des baisses de 20 à 40 % jalonnent l’histoire des marchés, et seul un horizon de 5 ans minimum permet de les traverser sereinement.

Dernier argument, moins connu : les actions jouent un rôle dans un patrimoine même modeste. Elles sont liquides (revendables en quelques secondes, contrairement à un bien immobilier), accessibles dès quelques euros, et elles complètent les livrets et l’immobilier dans une logique de diversification. La question n’est donc pas « actions ou pas », mais « quelle part, dans quelle enveloppe, avec quelle méthode ». Notre guide complet pour investir en bourse pose le cadre général ; les cinq étapes qui suivent se concentrent sur l’acte d’achat.

Étape 1 : choisissez votre enveloppe fiscale

L’enveloppe fiscale est le type de compte qui accueillera vos actions. Ce choix détermine trois choses : les titres auxquels vous aurez accès, la souplesse d’utilisation, et surtout l’imposition de vos gains, où l’écart se chiffre en milliers d’euros sur la durée. Trois options s’offrent à vous.

Le PEA : la priorité pour un investisseur français

Le plan d’épargne en actions limite l’univers aux actions françaises et européennes (et aux ETF éligibles, dont des ETF monde synthétiques), mais sa fiscalité écrase la concurrence : tant que l’argent reste dans le plan, aucune imposition, ce qui laisse les intérêts composés travailler à plein régime ; et après 5 ans de détention, vos retraits sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus.

  • Plafond de versements : 150 000 € (un seul PEA par personne),
  • Retrait avant 5 ans : il entraîne la clôture du plan, sauf exceptions légales (licenciement, invalidité, création d’entreprise), et les gains subissent la flat tax de 31,4 %,
  • Ses variantes : le PEA-PME (plafond cumulé de 225 000 € entre PEA et PEA-PME, dont 150 000 € maximum sur le PEA classique) et le PEA Jeune (20 000 € pour les 18-25 ans rattachés au foyer fiscal),
  • Le bon réflexe : ouvrir son PEA tôt, même avec 50 €, pour « prendre date » et faire courir le compteur des 5 ans.

↪️ Pour passer à l’action : notre guide sur l’ouverture d’un PEA, pas à pas.

Le compte-titres (CTO) : la liberté totale

Le compte-titres donne accès aux actions du monde entier, sans plafond de versement, avec la panoplie complète des outils (vente à découvert, produits dérivés, Service de Règlement Différé pour acheter jusqu’à cinq fois son solde, à réserver aux profils avertis). Cette liberté a un prix fiscal : les gains subissent la flat tax de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux) dès leur perception.

💡 Une option méconnue peut alléger la note : si votre tranche d’imposition est basse (0 ou 11 %), vous pouvez opter pour le barème progressif, qui applique un abattement de 40 % sur les dividendes avant impôt. Le choix se fait chaque année dans votre déclaration, et il est global pour tous vos revenus de capitaux. C’est l’un des angles que la section fiscalité détaille plus bas.

L’assurance-vie : pour les ETF plus que pour les actions

L’assurance-vie permet de loger des unités de compte (ETF, fonds, parfois quelques grandes actions du CAC 40), avec deux vrais atouts : des retraits possibles à tout moment sans clôture du contrat, et un régime privilégié après 8 ans (abattement annuel de 4 600 € de gains rachetés pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), plus l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire à la transmission. Ses limites pour notre sujet : les ordres passent par l’assureur avec un délai d’exécution, le choix d’actions en direct est étroit, et les frais de gestion annuels grignotent la performance. Pour acheter des actions en direct, ce n’est pas l’outil ; pour une poche ETF de long terme, les meilleurs contrats se défendent.

CritèrePEACompte-titres (CTO)Assurance-vie
Univers d’investissementActions et ETF européens (+ ETF monde éligibles)Tous les marchés du mondeUnités de compte du contrat
Plafond150 000 € (225 000 € cumulés avec le PEA-PME)AucunAucun
Fiscalité des gains18,6 % après 5 ans (31,4 % et clôture avant)Flat tax 31,4 %, ou barème sur optionPS 17,2 %, abattements après 8 ans
Exécution des ordresImmédiateImmédiateDifférée (via l’assureur)
Idéal pourLe cœur de portefeuille long termeLes titres américains et la flexibilitéLa transmission et les ETF sans gestion
Les trois enveloppes pour acheter des actions (2026)

Étape 2 : choisissez un courtier régulé

Le courtier est l’intermédiaire qui exécute vos ordres et conserve vos titres. Les banques traditionnelles facturent souvent 5 à 15 € l’ordre plus des droits de garde ; les courtiers en ligne ont fait tomber la note à quelques euros, voire zéro commission. Comparez sur trois critères : les frais réels (courtage, garde, change pour les titres américains), les enveloppes disponibles (tous ne proposent pas le PEA) et l’ergonomie. Notre comparatif des meilleurs courtiers passe le marché au crible ; voici les grilles en vigueur cet été :

CourtierFrais par ordre (actions)Enveloppes
XTB0 % de commission jusqu’à 100 000 € de volume mensuel (puis 0,2 %)CTO et PEA
Trade Republic1 € (Best Price) ou 2 € (Direct Price)CTO et PEA
Bourse DirectDès 0,99 €, 0 € de droits de garde sur les titres françaisCTO et PEA
FortuneoStarter : 0,35 % (1ᵉʳ ordre du mois ≤ 500 € offert) ; Progress : 4,90 € jusqu’à 3 000 €, puis 0,15 %CTO et PEA
DEGIRO2 € sur Euronext (1 € de courtage + 1 € de traitement)CTO
Interactive BrokersEnviron 3 € par transaction (Europe)CTO
Les frais de courtage des principaux courtiers (grilles relevées en août 2026, à revérifier avant ouverture)

⚠️ Avant de déposer le moindre euro, vérifiez que le courtier est autorisé : son nom doit figurer au Regafi (le registre des agents financiers) ou sur la liste des prestataires habilités de l’AMF, et ne doit surtout pas apparaître sur les listes noires que le régulateur met à jour en continu. Moins d’une minute de contrôle, et la quasi-totalité des arnaques disparaît du paysage ; on y revient en fin de guide.

Notre sélection par enveloppe : pour un CTO, XTB (0 commission, dont vous pouvez lire notre avis complet), Trade Republic et DEGIRO tiennent le haut du panier ; pour un PEA, XTB, Fortuneo et Bourse Direct se disputent la première place, notre comparatif des meilleurs PEA les départage ; et notre classement des meilleurs comptes-titres complète le tableau.

1
XTB
XTB 5/5
Avis XTB
  • 0% de frais jusqu'à 100 000€/mois
  • PEA & CTO disponibles
  • IFU fourni, pas de formulaire 3916
  • Liquidités rémunérées à 3,50%
  • Code MONEYRADAR : action offerte
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2
Trade Republic
Trade Republic 4,8/5
Avis Trade Republic
  • 1€ par ordre, PEA inclus
  • DCA gratuit sur 5 000+ titres
  • Idéal pour débuter en bourse
  • Liquidités rémunérées jusqu'à 50 000€
  • Aussi une banque (CB Saveback 1%)
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3
Freedom24
Freedom24 4,6/5
Avis Freedom 24
  • 147 000 obligations en direct
  • 900 000+ options et futures
  • 1 500+ ETF sur 15 places boursières
  • 0,02€ par action + 2€ par ordre
  • Pas de dépôt minimum
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4
Interactive Brokers
Interactive Brokers 4,4/5
Avis Interactive Brokers
  • PEA & CTO disponibles
  • 170 marchés dans 40 pays
  • 0,005$ par action américaine
  • Frais de change de 0,002%
  • Le broker favori de la rédaction
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5
IGGroup
IGGroup 4,2/5
Avis sur IG
  • 0€ de commission sur actions & ETF
  • Liquidités à 5% jusqu'à 20 000€
  • ProRealTime, TradingView et MT4
  • Achat fractionné dès 10€
  • Coté au FTSE 100, fondé en 1974
🎁 Jusqu’à 150€ offerts
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6
BoursoBank
BoursoBank 4/5
Avis PEA BoursoBank
  • Banque et bourse au même endroit
  • PEA, PEA-PME, PEA Jeune et CTO
  • ETF Boursomarkets à 0€ de frais
  • IFU automatique, garantie FGDR
  • 4,4/5 sur Trustpilot
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7
Bourse Direct
Bourse Direct 3,8/5
Avis Bourse Direct
  • Ordres dès 0,99€ sur Euronext
  • PEA, PEA-PME, PEA Jeune et CTO
  • Assurance-vie et PER disponibles
  • Courtier français depuis 1996
  • Frais de transfert remboursés
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8
Saxo Bank
Saxo Bank 3,6/5
Avis Saxo Bank
  • 71 000+ instruments, 50 places
  • PEA, PEA-PME et CTO
  • Offres à 0% jusqu'à fin 2026
  • 3 plateformes pro + ProRealTime
  • IFU fourni, banque danoise
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9
Fortuneo
Fortuneo 3,4/5
Avis PEA Fortuneo
  • 1er ordre du mois offert (Starter)
  • PEA, PEA-PME, CTO et assurance-vie
  • Banque française, IFU automatique
  • 100 ordres offerts à l'ouverture
  • Sans compte bancaire obligatoire
🎁 Jusqu'à 80€ offerts
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10
Etoro
Etoro 3,2/5
Avis eToro
  • Copy Trading et Trading Social
  • 130+ cryptos en détention réelle
  • 700+ ETF sans commission
  • Compte démo de 100 000$
  • Assurance-vie et PER dès 300€
🎁 Jusqu'à 500$ offerts
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Étape 3 : trouvez les actions à acheter

Compte ouvert, argent déposé : reste à savoir quoi acheter. La règle d’or du débutant tient en une phrase : n’achetez que ce que vous comprenez, et prenez le temps de la réflexion, la Bourse récompense rarement la précipitation. Nos idées d’actions à étudier peuvent servir de point de départ, jamais de liste de courses.

Identifier une action : ISIN, mnémonique et place de cotation

Chaque titre coté possède un code ISIN, un identifiant unique de 12 caractères valable chez tous les courtiers, et un mnémonique, son abréviation de marché. Exemple avec l’action TotalEnergies : ISIN FR0000120271, mnémonique TTE, cotée sur Euronext Paris. Tapez l’un ou l’autre dans la barre de recherche de votre courtier et vérifiez la place de cotation : une même entreprise peut coter sur plusieurs marchés, avec des frais différents.

Les actions fractionnées : démarrer avec quelques euros

C’est la meilleure porte d’entrée pour les petits budgets, et elle reste étonnamment méconnue : plusieurs courtiers (XTB, Trade Republic notamment) permettent d’acheter des fractions d’actions. Une action dont le titre cote 600 € n’exige plus 600 € : vous pouvez en acquérir un dixième pour 60 €, ou programmer 25 € par mois dessus.

Une action à 600 € s’achète aussi par fractions : 60 € pour un dixième, dividendes au prorata. Le droit de vote reste attaché aux actions entières

Techniquement, le courtier détient l’action entière et vous en attribue une quote-part, dividendes au prorata compris. Deux limites à connaître : la fraction ne se transfère généralement pas d’un courtier à l’autre (il faut vendre), et le droit de vote reste attaché aux actions entières. Pour débuter petit ou lisser ses achats, c’est l’outil parfait.

Actions en direct ou ETF ?

Rappel utile avant de tout miser sur des titres en direct : un ETF réplique un indice entier en un seul achat, pour des frais annuels minimes. La combinaison qui a fait ses preuves chez les particuliers : un cœur de portefeuille en ETF larges, et une poche de 10 à 20 % pour les actions de conviction, celles dont vous suivez vraiment l’activité. Vous profitez de la diversification sans renoncer au plaisir (et à l’apprentissage) du choix de titres.

💡 Pour dénicher le bon ETF, votre courtier propose généralement un moteur de recherche filtrable par indice, zone géographique, secteur et frais annuels. Les ETF s’identifient eux aussi par leur code ISIN : repérez-le une fois sur une source fiable, puis copiez-le dans la barre de recherche de votre courtier pour être certain d’acheter le bon support, les noms commerciaux se ressemblant beaucoup d’un émetteur à l’autre.

Étape 4 : passez votre premier ordre d’achat

Passer un ordre, c’est transmettre vos instructions au courtier : la valeur (nom ou ISIN), le sens (achat), la quantité, le type d’ordre, la durée de validité, et le mode de règlement (comptant par défaut ; le SRD, qui diffère le paiement avec effet de levier, n’a rien à faire dans un premier achat). Votre courtier est tenu à la « meilleure exécution » : l’ordre part à vos conditions, ou mieux.

Type d’ordreFonctionAvantagesInconvénients
Ordre au marchéExécution immédiate au meilleur prix disponibleRapide, simple, toujours exécutéAucun contrôle sur le prix final
Ordre à cours limitéAchat uniquement si le prix fixé est atteint ou meilleurContrôle total du prix payéPeut ne jamais être exécuté
Ordre à seuil de déclenchementDéclenche un ordre au marché quand un seuil est franchiProtège contre une baisse rapidePrix d’exécution non garanti
Ordre à plage de déclenchementDevient un ordre limité après le franchissement d’un seuilDéclenchement automatique + contrôle du prixNon-exécution si le cours sort de la plage
Ordre suiveur (trailing stop)Le seuil suit le cours à distance fixéeSécurise les gains dans une tendancePeut se déclencher trop tôt si ça secoue
Les cinq types d’ordres en Bourse

💡 Pour un premier achat, l’ordre à cours limité est le bon réflexe : vous fixez le prix maximal que vous acceptez de payer, et rien ne part au-dessus. L’ordre au marché convient aux grandes valeurs très liquides, où l’écart entre prix affiché et prix payé reste infime.

Un mot sur le coût réel d’un ordre : au courtage s’ajoute la taxe sur les transactions financières (TTF) de 0,4 %, prélevée à l’achat des actions de grandes sociétés françaises (capitalisation supérieure à 1 milliard d’euros, environ 130 valeurs dont TotalEnergies, LVMH ou Air Liquide). Concrètement : 1 000 € d’actions TotalEnergies coûtent 4 € de TTF, plus 0 à 2 € de courtage chez un courtier en ligne. Les achats via SRD et les ETF n’y sont pas soumis directement.

Passer un ordre

📈 Des fractions d’actions dès quelques euros

Étape 5 : gérez et optimisez votre portefeuille

Acheter n’est que le début : c’est la gestion dans la durée qui fait la performance. Trois principes suffisent à éviter l’essentiel des dégâts.

La taille de position

Ne laissez aucune valeur peser au point de vous faire perdre le sommeil : une règle courante limite chaque action individuelle à 1 ou 2 % du capital total (davantage pour les ETF, qui sont déjà diversifiés). Si vos émotions parasitent vos décisions, c’est presque toujours que la position est trop grosse : on coupe sereinement une perte raisonnable, jamais une perte qui fait mal.

Le suivi des positions

Suivre son portefeuille ne veut pas dire le regarder tous les jours : une revue mensuelle suffit largement. À cette occasion, vérifiez que chaque ligne respecte toujours sa thèse de départ (pourquoi l’avez-vous achetée ?) et son poids cible. Renforcer une conviction qui se confirme ou alléger un titre dont l’histoire a changé sont des décisions saines ; multiplier les allers-retours au gré des humeurs du marché ne l’est jamais, chaque mouvement coûtant des frais et, souvent, de la fiscalité.

Le rééquilibrage annuel

Une fois par an, ramenez chaque poche à son poids cible : vous vendez mécaniquement un peu de ce qui a monté pour renforcer ce qui a baissé, sans état d’âme ni pari sur l’avenir. C’est la version disciplinée du « acheter bas, vendre haut », et elle ne demande que trente minutes par an.

Le levier : pas maintenant

SRD, produits dérivés, CFD : l’effet de levier démultiplie les gains comme les pertes, et il ajoute un piège technique : le beta slippage. Une action qui baisse de 10 % puis remonte de 11 % revient à son point de départ ; un produit à levier ayant suivi le même trajet, lui, termine en perte, parce que les pourcentages s’appliquent à des montants successifs différents. Acquérez d’abord de l’expérience sur des positions comptant : le levier attendra, et il attendra très bien.

La fiscalité de vos actions en 2026

Personne n’ouvre un guide pour sa partie fiscale ; c’est pourtant elle qui protège le mieux vos rendements. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la flat tax (PFU) est passée de 30 % à 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, conséquence de la hausse de la CSG portée par la loi de financement de la sécurité sociale 2026. Elle s’applique par défaut à vos dividendes et plus-values sur compte-titres.

SituationImpôt sur le revenuPrélèvements sociauxTotal
Compte-titres (flat tax par défaut)12,8 %18,6 %31,4 %
Compte-titres, option barème (TMI 0 ou 11 %)Barème après abattement de 40 % sur les dividendes18,6 %Souvent inférieur à la flat tax
PEA avant 5 ans (retrait = clôture)12,8 %18,6 %31,4 %
PEA après 5 ans0 %18,6 %18,6 %
Assurance-vie après 8 ansTaux réduit après abattement annuel17,2 %Variable selon les cas
L’imposition des gains selon l’enveloppe (2026)
Fiscalité 2026 sur 10 000 € de plus-value : 18,6 % de prélèvements sociaux dans un PEA de plus de 5 ans, contre 31,4 % de flat tax sur un compte-titres

Trois leviers d’optimisation à retenir. Le PEA divise presque par deux l’imposition de vos gains après 5 ans : c’est l’argument qui justifie d’y loger son cœur de portefeuille européen. L’option pour le barème progressif, elle, vaut le calcul si vous êtes faiblement imposé : l’abattement de 40 % sur les dividendes n’existe que par cette voie. Et n’oubliez pas la TTF de 0,4 % vue plus haut : sur les grandes valeurs françaises, elle coûte plus cher que le courtage lui-même chez les courtiers en ligne. Détail utile : les fonds euros d’assurance-vie et l’épargne logement conservent, eux, les prélèvements sociaux à 17,2 %.

Côté paperasse enfin : les courtiers français vous fournissent chaque année un Imprimé Fiscal Unique (IFU) qui pré-remplit votre déclaration. Certains courtiers étrangers n’en délivrent pas : dividendes et plus-values sont alors à reporter à la main, relevés à l’appui. Un critère de confort à peser au moment du choix du courtier, surtout si vous comptez multiplier les opérations.

Les bonnes pratiques pour acheter vos actions

Lissez vos achats avec le DCA

Plutôt que d’investir 5 000 € d’un coup en espérant viser juste, le DCA (Dollar Cost Averaging) consiste à acheter la même somme à intervalles réguliers, par exemple 200 € par mois pendant deux ans. Quand le cours baisse, vos 200 € achètent plus de titres ; quand il monte, moins : votre prix de revient se lisse tout seul, et le « bon moment » cesse d’être votre problème. La plupart des courtiers permettent d’automatiser ces versements programmés, fractions d’actions comprises : la stratégie tourne alors sans vous.

Diversifiez, vraiment

Un portefeuille diversifié répartit le risque entre plusieurs secteurs, zones géographiques et types de valeurs : les valeurs de croissance (technologie, luxe), les cycliques qui suivent l’économie (automobile, construction) et les défensives qui amortissent (santé, consommation courante, télécoms). La façon la plus simple d’y parvenir sans y passer ses soirées : un socle en ETF monde (des centaines d’entreprises en un titre), complété par une poche d’actions choisies. Exemple avec 10 000 € : 7 000 € sur un ETF monde, 1 500 € sur un ETF sectoriel ou européen, et 1 500 € répartis sur trois à cinq actions de conviction, à 1-2 % du capital chacune.

Le stock picking : oui, mais en satellite

Choisir ses actions une à une est un art exigeant : il faut analyser les comptes, comprendre le secteur, et accepter qu’on se trompera régulièrement, les professionnels eux-mêmes battent rarement les indices. Rien n’interdit de s’y frotter, c’est même le meilleur apprentissage qui soit ; faites-le simplement avec la poche satellite de votre portefeuille, jamais avec son cœur. Vous affinerez votre analyse avec le temps, sans hypothéquer votre épargne pendant la formation.

Risques et arnaques : achetez vos actions en sécurité

Les risques de marché, d’abord : une action peut perdre la moitié de sa valeur, voire tomber à zéro en cas de faillite, et un portefeuille entier peut traverser un passage à -30 %. Les parades tiennent en trois mots déjà croisés dans ce guide : diversification, horizon long, positions dimensionnées. Ajoutez le risque de change si vous achetez des titres américains : une action qui monte de 5 % pendant que le dollar en perd 8 se solde par une perte en euros.

Le dernier risque ne vient pas du marché mais de vous : les biais comportementaux coûtent plus cher aux débutants que les krachs. La panique fait vendre au plus bas la baisse qui allait se combler ; le FOMO fait acheter au sommet la valeur dont tout le monde parle ; le sur-trading grignote la performance en frais et en mauvaises décisions. L’antidote est structurel, pas psychologique : des versements automatiques, des positions de taille raisonnable, et un plan écrit avant l’achat (pourquoi j’achète, à quel horizon, qu’est-ce qui me ferait vendre).

Les arnaques : les reconnaître en trente secondes

L’achat d’actions attire les escrocs, et leurs méthodes se ressemblent toutes. Les signaux qui doivent déclencher un refus immédiat :

  • Un rendement « garanti » à deux chiffres : les actions ne garantissent rien, quiconque promet l’inverse ment,
  • Un démarchage insistant par téléphone, réseaux sociaux ou messagerie, souvent après avoir rempli un formulaire anodin,
  • Une célébrité ou un faux conseiller qui « partage son secret » : les usurpations d’identité pullulent,
  • Une plateforme inconnue qui presse de virer des fonds sur un « compte de trading » : l’argent ne revient jamais,
  • Des frais de « déblocage » réclamés pour récupérer de prétendus gains : c’est la seconde lame de l’arnaque.

Le réflexe qui neutralise tout : vérifier l’intermédiaire sur le Regafi (registre officiel des agents financiers) et consulter les listes noires de l’AMF, mises à jour en permanence sur son site. Un acteur absent du registre ou présent sur une liste noire, et la conversation s’arrête là. Notre guide des arnaques financières détaille les schémas en cours et les recours si le mal est fait.

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FAQ : vos questions sur l’achat d’actions

Quelle somme faut-il pour commencer à acheter des actions ?

Quelques euros suffisent grâce aux fractions d’actions proposées par plusieurs courtiers en ligne. En pratique, un versement programmé de 50 à 200 € par mois sur un ETF ou quelques titres constitue un excellent départ : la régularité compte davantage que le montant initial.

Vaut-il mieux un PEA ou un compte-titres pour acheter des actions ?

Le PEA d’abord, si les actions européennes et les ETF éligibles vous suffisent : après 5 ans, vos gains ne supportent que 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 31,4 % de flat tax sur un compte-titres. Le CTO complète pour les titres américains, sans plafond ni contrainte de durée. Beaucoup d’investisseurs détiennent les deux.

Quelles actions acheter en ce moment ?

Personne ne peut désigner LA bonne action sans connaître votre situation, et méfiez-vous de quiconque le fait. La méthode éprouvée : un cœur de portefeuille en ETF diversifiés, puis quelques actions de conviction que vous comprenez vraiment, limitées à 1-2 % du capital chacune. Nos analyses d’actions peuvent alimenter votre réflexion, pas la remplacer.

Qu’est-ce qu’une action fractionnée ?

C’est une fraction d’action détenue via votre courtier : au lieu d’acheter une action entière à 600 €, vous en achetez par exemple un dixième pour 60 €, dividendes au prorata. Idéal pour débuter petit ou lisser ses achats. Limites : pas de droit de vote et transfert impossible vers un autre courtier sans vendre.

Quels sont les frais quand on achète une action ?

Trois couches : le courtage (0 à 2 € l’ordre chez les courtiers en ligne, 5 à 15 € en banque traditionnelle), la TTF de 0,4 % sur les grandes valeurs françaises (capitalisation supérieure à 1 milliard d’euros), et d’éventuels droits de garde, devenus rares en ligne. À la revente s’ajoute la fiscalité : 31,4 % de flat tax, ou 18,6 % via un PEA de plus de 5 ans.

Quel est le meilleur moment pour acheter des actions ?

Statistiquement, personne ne sait prédire les creux, pas même les professionnels. La réponse pragmatique est le DCA : investir la même somme chaque mois, quel que soit le niveau du marché. Votre prix de revient se lisse, et l’angoisse du timing disparaît.

Peut-on tout perdre en achetant des actions ?

Sur une action isolée, oui : la faillite ramène le titre à zéro. Sur un portefeuille diversifié d’ETF et de titres solides, une perte totale est pratiquement impossible sans effet de levier. Les vrais dangers du débutant sont le levier, la concentration sur un seul titre et la vente panique au plus bas.

Le day trading est-il rentable pour un particulier ?

Pour l’immense majorité, non : les études de l’AMF montrent que la grande majorité des particuliers perd de l’argent sur les produits de trading à court terme. L’achat d’actions rémunère la patience, pas l’agitation : un horizon de 5 ans minimum reste la règle.

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