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Faut-il acheter l’action TotalEnergies en 2026 ?

Mis à jour le

Résultats officiels du S1 2026 publiés par TotalEnergies le 23 juillet 2026

Action TotalEnergies
StockSymbolPrice52 Week RangeDividend RateDividend YieldIndustryCountryEPSSharesLast UpdatedCurrencyType
TTE
TotalEnergies SE
TTE
TTE75,48 €
4,244,83%Oil & Gas IntegratedFrance7,992.208.269.73114 heures agoEUREQUITY
InformationDétail
Code ISINFR0000120271
Code actionTTE
SecteurSociétés pétrolières et gazières intégrées
Indices de référenceCAC 40, EURO STOXX 50, SBF 120
Places de cotationEuronext Paris (principale), NYSE en actions ordinaires depuis décembre 2025, Londres
Éligible PEAOui (SRD : oui)
Informations générales sur l’action TotalEnergies

Faut-il acheter l’action Total aujourd’hui ?

TotalEnergies vit un paradoxe boursier : des profits semestriels records, et un titre qui recule. Le résultat net ajusté du S1 2026 atteint 11,4 milliards de dollars (+47 % sur un an), porté par un Brent moyen de 103,8 $ au T2 et des marges de raffinage européennes quadruplées. Pourtant, à 75,98 € (clôture du 24/08/2026), l’action consolide 6,6 % sous son plus haut historique de 81,34 € touché en mars, après +46,4 % sur 52 semaines. Le marché a déjà payé la prime de guerre, et il en anticipe la fin.

Le consensus reste constructif : 22 analystes, recommandation moyenne « Acheter » (1,91 sur l’échelle FactSet), objectif moyen de 81,71 €, soit +7,5 % de potentiel. La fourchette va de 71,17 € (sans porteur nominatif, la note défensive la plus proche étant AlphaValue à 73 € en « Réduire ») à 94 € chez Barclays. Méfiez-vous en revanche du « Strong Buy 1,0 » affiché par Yahoo : c’est un artefact de comptage, pas une unanimité.

Deux menaces dominent le dossier. La normalisation du baril d’abord : un règlement au Moyen-Orient ramènerait le Brent vers 70-75 $ et comprimerait le résultat annuel vers 13 à 15 milliards de dollars. Le risque fiscal français ensuite : le débat sur les superprofits revient avec le projet de loi de finances 2027, examiné à l’automne, et la direction a déjà menacé de retirer le plafonnement des carburants à 1,99 €/L en cas de surtaxe. S’y ajoutent 210 000 barils/jour de production perdus au Moyen-Orient au T2.

TotalEnergies convient à l’investisseur de rendement qui loge l’action en PEA pour son dividende trimestriel en hausse (4,65 %) et sa décote de valorisation ; celui qui vise une plus-value rapide arrive après le rallye, la prime de guerre étant déjà dans les cours.

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Investir sur les marchés financiers comporte un risque élevé de perte en capital

À la lecture des comptes du S1 2026, voici les forces et les faiblesses de l’action TotalEnergies en 2026 :

Avantages de l’action Total (TTE) en 2026

  • Rendement du dividende de 4,65 % au cours du 24/08/2026, avec des acomptes trimestriels relevés de 5,9 % à 0,90 €,
  • Résultats records au S1 2026 : résultat net ajusté de 11,4 Mds $ (+47 %) et cash-flow opérationnel de 18,4 Mds $ (+35 %),
  • Valorisation décotée : PER forward de 9,1x contre plus de 13x pour ExxonMobil, pour une rentabilité comparable,
  • Désendettement spectaculaire : gearing ramené à 13,1 % au 30 juin (contre 17,9 % un an plus tôt), dette nette de 18,5 Mds $,
  • Point mort cash amont sous 26,4 $ le baril, le plus bas des majors européennes : le modèle encaisse un baril faible,
  • Éligible PEA, dividende sans retenue à la source (émetteur français) et rachats d’actions jusqu’à 1,5 Md $ par trimestre,
  • Relais de croissance GNL bien garnis : reprise de Mozambique LNG, Alaska, premier cargo au Mexique, décision Rovuma attendue.

Inconvénients de l’action Total (TTE) en 2026

  • Des records nés du baril de crise : le consensus voit le bénéfice par action refluer de 8,36 € (2026) à 7,45 € (2027) avec la normalisation du baril,
  • Risque fiscal français : le PLF 2027 remet les superprofits au menu de l’automne, principal déclencheur du scénario baissier,
  • Pertes de production de 210 000 barils/jour au Moyen-Orient au T2, dépendantes de la sécurisation du détroit d’Ormuz,
  • Contentieux climatiques actifs : condamnation pour greenwashing (octobre 2025, une première mondiale) et appel sur le devoir de vigilance,
  • Le trading gaz a déjà calé : résultat du segment GNL en repli au T2 (807 M$ contre 1 318 M$ au T1),
  • Après +46,4 % en 52 semaines, le potentiel résiduel vers l’objectif moyen n’est que de 7,5 %.
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⚠️ L’investissement en bourse comporte un risque de perte en capital. Ce contenu est informatif et peut contenir des erreurs. Il ne constitue pas un conseil en investissement : faites vos propres recherches.

Cours TotalEnergies en direct

Au 24/08/2026, l’action TotalEnergies clôture à 75,98 €, en hausse de 46,4 % sur 52 semaines (extrêmes : 49,24 € et 81,34 €, ce dernier étant le plus haut historique touché fin mars). Le titre consolide depuis juin sous ses sommets, tout en restant au-dessus de ses moyennes mobiles à 50 jours (72,47 €) et 200 jours (68,59 €) : une respiration dans une tendance haussière, pas un retournement à ce stade.

Les résultats financiers de Total & ses objectifs

Le premier semestre 2026, publié le 23 juillet, est historique en apparence et plus subtil dans le détail : les records viennent du baril et du raffinage, deux moteurs que personne ne contrôle, pendant que le trading gaz manquait à l’appel.

Résultats du S1 2026 : des records nés de la crise

Indicateur (Mds $)T2 2026T1 2026T2 2025
Cash-flow opérationnel (hors BFR)9,88,66,6
EBITDA ajusté13,212,69,7
Résultat net ajusté (part du groupe)6,05,43,6
Résultat net publié IFRS5,445,812,69
Comptes trimestriels TotalEnergies, communiqué officiel du 23/07/2026

Sur le semestre : chiffre d’affaires de 106,6 Mds $ (+15,2 %), résultat net ajusté de 11,4 Mds $ (+47 %), résultat publié de 11,25 Mds $ (+72 %), cash-flow opérationnel de 18,4 Mds $ (+35 %) et EBITDA ajusté de 25,7 Mds $. Une nuance que les gros titres gomment : le résultat publié du T2 recule de 6 % sur le trimestre (effets de stocks et dépréciations pour -1,3 Md $ d’éléments exceptionnels sur le semestre) ; c’est le résultat ajusté qui progresse de 12 %. Les deux lectures sont justes ; l’une photographie le trimestre comptable, l’autre la marche réelle des affaires.

Par segment au T2, la hiérarchie a changé de visage :

  • Exploration-Production : 3 231 M$ (+64 % sur un an), le cœur du réacteur, dopé par un Brent moyen de 103,8 $ le baril, malgré 210 000 barils/jour perdus au Moyen-Orient (production totale 2 395 kbep/j, croissance organique de +4 % grâce à Mero 4 au Brésil, Ballymore aux États-Unis et Mabruk en Libye),
  • Raffinage-Chimie : 1 800 M$, multiplié par plus de quatre sur un an : la marge de raffinage européenne a bondi de 4,7 $ à 11,4-12,4 $ le baril, c’est la vraie surprise du semestre,
  • GNL intégré : 807 M$, en net repli (1 318 M$ au T1) : le trading gaz a déçu malgré des prix en hausse (8,48 $/Mbtu),
  • Électricité intégrée : 533 M$, stable, avec un cash-flow ajusté de 700 M$ en progression de 25 % sur le trimestre,
  • Marketing & Services : 500 M$ (+91 % sur le trimestre), la trésorerie récurrente du réseau.

Objectifs et perspectives 2026

La direction a confirmé le 23 juillet ses objectifs annuels : investissements nets d’environ 15 Mds $ (7,9 Mds réalisés au S1), croissance de 3 % de la production d’hydrocarbures et de 5 % de la production totale d’énergie, plus de 60 TWh d’électricité (+25 %) avec un cash-flow du segment supérieur à 3 Mds $, et un cash-flow opérationnel de plus de 26 Mds $ même dans un scénario de baril à 60 $. Le désendettement donne la mesure de l’aisance actuelle : la dette nette a fondu de 3,3 Mds $ sur le seul deuxième trimestre, ramenant le gearing à 13,1 %.

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Quelles prévisions pour 2026, 2027 et 2030 ?

Trois scénarios à 12 mois

ScénarioCiblePotentiel vs 75,98 €Conditions
Baissier (20 %)70,00-71,16 €-6,3 %Cessez-le-feu durable, Brent 65-70 $, marges de raffinage sous 4,5 $, surtaxe française au PLF 2027 ; le rendement passe alors au-dessus de 5,1 % et amortit la chute
Central (55 %)81,70-82,60 €+7,5 %Brent 80-85 $, marges 7-8 $, montée en charge de Mero 4 et de la Libye, dividende 3,60 € puis 3,80 €
Haussier (25 %)91,63-94,00 €+20,6 %Brent durablement au-dessus de 95-105 $ (tensions dans le Golfe), rachats accélérés, GNL mexicain en avance ; porté par Barclays (94 €)
Scénarios de cours à 12 mois pour l’action TotalEnergies, horizon août 2027

⚠️ Ces trois scénarios et leurs probabilités sont des constructions du rapport d’analyse du 25/08/2026, alignées sur les bornes du consensus : ils n’ont pas été publiés tels quels par les bureaux d’études. Seuls les objectifs nominatifs (Barclays 94 €, AlphaValue 73 €) engagent leurs auteurs.

2026-2028 : une normalisation assumée, pas un momentum

La trajectoire du consensus est rare pour un dossier recommandé à l’achat : elle baisse. Chiffre d’affaires attendu à 196,5 Mds € en 2026, puis 174,7 en 2027 et 168,0 en 2028 ; bénéfice par action de 8,36 € en 2026, puis 7,45 € et 7,10 €. Autrement dit, les analystes achètent en sachant que les profits vont refluer avec le baril. La thèse n’est pas la croissance, c’est la décote : à 9,1x les bénéfices 2026, le titre paie déjà la normalisation, quand ExxonMobil se négocie au-dessus de 13x. Le dividende, lui, monte quand même : 3,60 €, puis 3,80 € et 3,95 € attendus.

Horizon 2030 : le pari multi-énergies

À la fin de la décennie, TotalEnergies veut être un électricien de premier plan adossé à un pétro-gazier ultra-rentable : le GNL comme pont (Mozambique 13 Mtpa repris, Rovuma 18 Mtpa en décision fin 2026-début 2027, Alaska, Mexique), l’électricité intégrée comme relais (36 GW renouvelables plus les centrales flexibles issues d’EPH, avec un nouvel accord nucléaire de 12 ans auprès d’EDF). Le groupe a en revanche soldé son éolien en mer américain, abandonné contre environ 928 M$ de compensation réinvestis dans les hydrocarbures : le pivot se fait à la rentabilité, pas au dogme.

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Dividende action TotalEnergies

CritèreDétail
Rendement au cours du 24/08/20264,65 %
Acompte trimestriel 20260,90 € par action (+5,9 %)
Dividende attendu au titre de 20263,60 € (consensus), puis 3,80 € en 2027 et 3,95 € en 2028
Prochaines échéancesDétachement le 30/09/2026 (paiement le 02/10), puis 31/12/2026 et solde le 31/03/2027
Politique de distributionPlus de 40 % du cash-flow opérationnel à travers les cycles
Rachats d’actionsJusqu’à 1,5 Md $ par trimestre (7,5 Mds $ exécutés en 2025, soit 55 % de taux de distribution global)
Informations sur le dividende TotalEnergies, consensus au 25/08/2026

Dividende : combien rapporte l’action Total ?

Au cours de 75,98 €, le rendement ressort à 4,65 %, parmi les plus élevés des grandes valeurs du CAC 40. L’acompte trimestriel a été relevé de 5,9 % à 0,90 € par action, et le consensus attend 3,60 € au titre de l’exercice. En ajoutant les rachats d’actions, qui peuvent atteindre 1,5 Md $ par trimestre, le retour global à l’actionnaire dépasse nettement le seul coupon : en 2025, dividendes et rachats cumulés ont représenté 55 % de taux de distribution.

Quel ratio de distribution ? (Payout ratio)

L’engagement officiel porte sur le cash, pas sur le bénéfice comptable : reverser plus de 40 % du cash-flow opérationnel aux actionnaires à travers les cycles. C’est ce qui a permis de maintenir le dividende en 2020 quand Shell et BP coupaient les leurs, et c’est ce qui rend le coupon crédible même baril en repli : l’engagement porte sur un flux de trésorerie que le groupe génère à tous les niveaux de cycle, pas sur un bénéfice comptable qui fluctue.

Quand est versé le dividende de l’action Total ?

Le versement est trimestriel. Prochaine échéance : détachement le 30 septembre 2026 pour un paiement le 2 octobre, puis un acompte fin décembre et le solde fin mars 2027, chacun de 0,90 €. Détail administratif utile : le calendrier officiel du groupe renumérote ses acomptes d’une année sur l’autre ; fiez-vous aux dates plutôt qu’aux numéros d’acompte.

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Les facteurs influant sur le cours

La prime de guerre : le facteur numéro un, dans les deux sens

Tout le rallye 2026 tient dans deux chiffres : un Brent moyen de 103,8 $ le baril au T2 (tensions au Moyen-Orient, détroit d’Ormuz sous pression) et des marges de raffinage européennes passées de 4,7 $ à plus de 11 $ le baril en un an. Ce sont ces deux moteurs qui ont doublé les résultats, et ce sont eux que le marché surveille : un règlement diplomatique ramènerait le Brent vers 70-75 $ et le résultat annuel vers 13-15 Mds $. C’est précisément pour cela que le titre marque le pas malgré les records : chaque nouvelle de désescalade pèse, chaque regain de tension soutient. Inutile de chercher le risque dans le beta affiché par les agrégateurs (0,06, un artefact statistique) : la vraie sensibilité du titre, c’est le baril.

Le risque fiscal français : cap sur le PLF 2027

Le débat sur les superprofits est revenu au Parlement dès le printemps, et Patrick Pouyanné a été auditionné le 17 juin : le groupe met en avant un taux moyen d’imposition de 41,4 % et environ 2 Mds € versés aux finances publiques françaises en 2025, tout en menaçant de retirer le plafonnement des carburants à 1,99 €/L (environ 200 M€ par an dans 1 200 stations rurales) en cas de surtaxe. L’examen du projet de loi de finances 2027, à l’automne 2026, est le rendez-vous où ce bras de fer se tranche. C’est la variable exogène du scénario baissier.

Gouvernance et actionnariat : une base qui se déplace vers l’Amérique

ActionnairePart du capital
Salariés (1er actionnaire identifié)7,6 % (~8,9 % des droits de vote)
Investisseurs institutionnels~54,7 %
Public et porteurs individuels~37,7 %
État français0 % (aucune participation directe)
Structure de l’actionnariat de TotalEnergies au 26/06/2026

Aucun bloc de contrôle, un flottant réel d’environ 83,5 % : TotalEnergies est l’une des grandes valeurs les plus « ouvertes » d’Europe. Le fait marquant est géographique : 40,8 % du capital est désormais nord-américain, contre 24,6 % français, salariés compris. C’est ce qui a motivé la bascule de décembre 2025 : fin du programme d’ADR et cotation directe des actions ordinaires au NYSE. Côté gouvernance, l’AG de mai 2026 a nommé Slawomir Krupa (Société Générale) au conseil et repoussé la limite d’âge du PDG à 70 ans : la question de la succession de Patrick Pouyanné, aux commandes depuis 2014, est repoussée mais pas réglée. Précision de lecture : les « 8,86 % d’initiés » des données Yahoo désignent l’actionnariat salarié, pas des dirigeants qui vendraient.

Contentieux climatiques et dossiers ouverts

Trois dossiers à suivre, au conditionnel. La condamnation pour greenwashing d’octobre 2025, une première mondiale pour une major, pèse sur l’image plus que sur les comptes. L’appel dans l’affaire du devoir de vigilance, plaidé fin juillet 2026, pourrait contraindre la stratégie climat (les émissions Scope 3 représentent environ 163 Mt de CO2 équivalent sur le seul semestre). Et au Kazakhstan, une pénalité environnementale contestée d’environ 5 Mds $ vise le consortium de Kashagan dont le groupe est actionnaire : montant final indéterminé, échéance non datée.

Le calendrier des catalyseurs

DateÉvénementEnjeu pour le titre
28-29/09/2026Investor DayLa feuille de route 2030 et la trajectoire de distribution
30/09/2026Détachement de l’acompte de 0,90 € (paiement le 02/10)Ajustement mécanique du cours, rendez-vous des chasseurs de rendement
29/10/2026Résultats du T3 2026Le test des marges sur un baril en possible normalisation : l’instant de vérité du scénario central
Novembre 2026Examen du PLF 2027 au Parlement (période, pas de jour officiel)Le risque de surtaxe des superprofits, déclencheur du scénario baissier
T4 2026 – T1 2027Décision finale d’investissement attendue sur Rovuma LNG (18 Mtpa)La visibilité GNL après 2028
Échéances susceptibles de faire bouger le cours de TotalEnergies d’ici début 2027
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Analyse fondamentale Total

Voici ce qui ressort de notre analyse fondamentale de l’action TotalEnergies (TTE), sur les chiffres arrêtés au 25/08/2026.

Valorisation : la décote face aux majors américaines

Un multiple ne se lit qu’avec sa base et sa date : PER de 11,1x sur les bénéfices des douze derniers mois, mais 9,1x sur le bénéfice attendu en 2026 (8,36 € par action), pour un PEG de 0,67 et un EV/EBITDA d’environ 5,1x. Le P/B ressort à 1,52. La référence qui compte est comparative : ExxonMobil se négocie au-dessus de 13x les bénéfices pour une rentabilité voisine. Cette décote européenne structurelle est le cœur de la thèse d’investissement, et l’élargissement de la base actionnariale américaine via le NYSE est précisément une tentative de la combler.

Un bilan au plus solide de la décennie

La dette nette est tombée à 18,5 Mds $ au 30 juin 2026, pour un gearing de 13,1 % contre 17,9 % un an plus tôt, avec 31,7 Mds $ de trésorerie et une dette à plus de 80 % à taux fixe de long terme. Ajoutez un point mort cash amont inférieur à 26,4 $ le baril, le plus bas des majors européennes, et des coûts de production amont de 5 $ le baril : le modèle reste largement bénéficiaire même si le scénario baissier à 65-70 $ se matérialise. C’est cette marge de sécurité qui autorise la générosité actionnariale actuelle.

Un rendement élevé et couvert par le cash

Le rendement de 4,65 % s’appuie sur un engagement de distribution assis sur le cash-flow opérationnel (plus de 40 % à travers les cycles), lequel a atteint 18,4 Mds $ sur le seul premier semestre. La série est éloquente : dividende maintenu en 2020 dans la pire année du secteur, relevé chaque année depuis, acomptes 2026 en hausse de 5,9 %. Même dans l’hypothèse d’un repli du titre vers 70 €, le rendement dépasserait 5,1 % : c’est l’amortisseur du dossier.

Croissance : le GNL comme pont, l’électricité comme destination

La guidance 2026 dessine la trajectoire : +3 % de production d’hydrocarbures, +5 % de production totale d’énergie, plus de 60 TWh d’électricité (+25 %) avec un cash-flow du segment au-delà de 3 Mds $. Le portefeuille GNL s’épaissit vite : premier cargo mexicain expédié en juillet, Mozambique LNG relancé (13 Mtpa), accord Alaska de 2 Mtpa sur 20 ans, entrée à 10 % dans le gaz d’Abou Dabi, et la décision finale sur Rovuma (18 Mtpa) attendue d’ici début 2027. Dans l’électricité, 36 GW de capacités renouvelables s’ajoutent aux centrales flexibles reprises à EPH et à l’accord nucléaire de 12 ans signé avec EDF en mars.

Un modèle intégré dont un segment fait la moitié du résultat

L’Exploration-Production a représenté environ la moitié du résultat opérationnel des segments au T2 : le pétrole finance le reste, et chaque segment joue une partition distincte (le raffinage amplifie les cycles, le GNL lisse via les contrats longs, l’électricité construit la valeur terminale, la distribution apporte la récurrence). Rentabilité d’ensemble : ROE de 14,5 % et marge nette de 9,1 % sur douze mois. Ces parts de segments restent indicatives, le groupe ne publiant pas de réconciliation exacte en pourcentage.

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Où et comment acheter des actions Total ?

Trois précisions fiscales valent pour tous les intermédiaires. L’achat au comptant sur Euronext supporte la taxe sur les transactions financières de 0,3 %. Le dividende d’un émetteur français ne subit aucune retenue à la source pour un résident français (et le formulaire W-8BEN est sans objet tant que vous achetez à Paris, pas au NYSE). En compte-titres, les gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique porté à 31,4 % depuis 2026 ; en PEA de plus de 5 ans, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent.

Acheter des actions Total via une banque traditionnelle

Les banques de réseau comme BNP Paribas ou Société Générale proposent comptes-titres et PEA avec un accompagnement personnalisé. Le confort a un coût : ordres facturés plusieurs euros, droits de garde annuels, et sur une valeur de rendement conservée des années, cette friction finit par manger une part visible du coupon.

↪️ Consultez nos classements des meilleures banques physiques et des meilleurs PEA pour savoir lequel sera le plus adapté à l’achat de l’action TotalEnergies.

Acheter des actions Total via une plateforme de courtage en ligne

Les courtiers en ligne offrent des frais réduits et un accès direct à Euronext Paris, où la liquidité du titre est maximale. Le PEA y prend tout son sens pour cette valeur : sur un rendement de 4,65 %, l’écart de fiscalité entre PEA mûr (18,6 %) et compte-titres (31,4 %) représente des centaines d’euros par an dès quelques dizaines de milliers d’euros investis.

➡️ Plus d’informations dans notre comparatif des meilleurs brokers.

Acheter des actions Total via un plan d’épargne entreprise (PEE)

Les salariés du groupe et des entreprises partenaires peuvent souscrire via le PEE, souvent avec décote et abondement de l’employeur : c’est d’ailleurs ce canal qui fait des salariés le premier actionnaire identifié de TotalEnergies, avec 7,6 % du capital. L’augmentation de capital qui leur était réservée en juin 2026 a réuni plus de 59 000 souscripteurs pour 310 M€ : un ancrage de gouvernance autant qu’un placement.

ETF contenant l’action TotalEnergies

TotalEnergies figure dans 71 ETF UCITS. Voici les pondérations les plus fortes, relevées sur les compositions d’août 2026 :

Nom de l’ETFPondération TTEÉligible PEA
iShares STOXX Europe 600 Oil & Gas (EXV6)13,96 %Oui
Amundi CAC 40 Dist (C40)7,63 %Oui
Xtrackers CAC 40 (XESC)7,51 %Oui
iShares MSCI World Energy5,90 %Non
Amundi MSCI EMU Value4,06 %Oui
Amundi EURO STOXX 50 (E50)3,67 %Oui
Xtrackers EURO STOXX 503,60 %Oui
iShares Core EURO STOXX 503,51 %Oui
ETF les plus exposés à l’action TotalEnergies, pondérations justETF au 24/08/2026

💡 Les pondérations bougent avec les cours et les rebalancements. Pour une exposition en PEA, les trackers CAC 40 et EURO STOXX 50 combinent TotalEnergies en première ligne et la diversification d’un indice large ; le sectoriel EXV6 concentre le pari énergie.

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Historique Total & principaux chiffres

Il n’y a pas eu d’introduction en bourse au sens moderne : la lignée cotée remonte à la filiale de raffinage introduite à Paris en 1929, et l’État, présent au capital dès 1931, s’est retiré progressivement entre 1991 et 1996. Les jalons qui comptent :

AnnéeÉvénement principal
1924Fondation de la Compagnie Française des Pétroles (CFP)
1929Introduction à la Bourse de Paris de la filiale de raffinage : naissance de la lignée cotée
1954Lancement de la marque Total
1991-1996Privatisation progressive : la part de l’État passe de plus de 30 % à moins de 1 %
1999-2000Fusions avec PetroFina puis Elf Aquitaine : naissance d’une supermajor européenne
2014Patrick Pouyanné prend la direction générale après le décès de Christophe de Margerie
2020Choc Covid : perte annuelle de 7,2 Mds $, dividende maintenu
2021La société devient TotalEnergies, stratégie multi-énergies
2022Année record : 36,2 Mds $ de résultat net ajusté
Décembre 2025Fin du programme d’ADR, cotation directe des actions ordinaires au NYSE
Mars 2026Plus haut historique à 81,34 €, dans le sillage de la flambée du brut
Événements marquants de l’histoire boursière de TotalEnergies
IndicateurValeur
Cours de référence75,98 € (clôture du 24/08/2026)
Capitalisation boursière168,2 Mds €
Extrêmes 52 semaines49,24 € / 81,34 €
Chiffre d’affaires (12 derniers mois)196,4 Mds $
Résultat net 2025 (publié / ajusté)13,1 / 15,6 Mds $
Résultat net ajusté S1 202611,4 Mds $ (+47 %)
Dette nette au 30/06/202618,5 Mds $ (gearing 13,1 %)
PER (12 mois / prévisionnel 2026)11,1x / 9,1x
Rendement du dividende4,65 %
Effectifs101 513 (consolidé), dont 94 847 CDI
Chiffres clés TotalEnergies, données arrêtées au 25/08/2026

Le groupe TotalEnergies face à la concurrence

EntreprisePaysPERRendementStratégie principale
TotalEnergies🇫🇷 France~9,1x (2026e)~4,7 %Multi-énergies : pétrole, GNL et électricité intégrée
ExxonMobil🇺🇸 États-Unis~14x~2,6 %Pétrole et gaz de schiste, valorisation premium
Chevron🇺🇸 États-Unis~15x~3,3 %Pétrole et gaz, croissance par acquisitions
Shell🇬🇧 Royaume-Uni~12x~3,2 %Leader GNL, rachats d’actions massifs
BP🇬🇧 Royaume-Uni~11x~4,2 %Recentrage sur les hydrocarbures après ajustement stratégique
TotalEnergies face aux supermajors, ordres de grandeur en août 2026

Une valorisation décotée mais attractive

La décote face aux majors américaines reste le fait dominant : environ 9x les bénéfices 2026 pour TotalEnergies contre plus de 13x pour ExxonMobil, à rentabilité comparable. Une partie de l’écart est structurelle (fiscalité européenne, pression ESG des fonds du continent, risque politique français) ; la cotation en actions ordinaires au NYSE depuis décembre 2025 est l’outil choisi pour en résorber une autre partie, en allant chercher l’investisseur américain là où il investit.

Un rendement solide et en croissance

Avec 4,65 % de rendement et des acomptes en hausse de 5,9 %, TotalEnergies distance Exxon, Chevron et Shell. L’argument d’histoire compte double dans ce secteur : en 2020, Shell et BP ont coupé leur dividende, TotalEnergies a tenu le sien. Pour un actionnaire de long terme, cette fiabilité vaut autant que le niveau du coupon.

Une stratégie hybride que le S1 2026 a validée

Le semestre a montré la mécanique à l’œuvre : quand le baril et les marges de raffinage flambent, l’amont et l’aval capturent la hausse (Raffinage-Chimie multiplié par quatre) ; le GNL lisse via ses contrats longs même quand son trading déçoit ; et l’électricité progresse vers son autonomie financière (cash-flow en hausse de 25 % au T2, objectif de plus de 3 Mds $ sur l’année). Aucune autre supermajor ne combine ces trois étages avec un point mort amont sous 26,4 $ le baril.

Sources : communiqués de résultats TotalEnergies du 23/07/2026 (S1 2026) et du 11/02/2026 (exercice 2025), Yahoo Finance et FactSet/Boursorama (données de marché et consensus au 25/08/2026), Bourse Direct (fiche valeur FR0000120271, éligibilité PEA/SRD vérifiée le 25/08/2026), justETF (compositions d’ETF au 24/08/2026).

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FAQ : Questions fréquentes sur l’action TotalEnergies

Quel est le montant minimum pour investir dans TotalEnergies ?

Une seule action suffit, soit environ 76 € au cours du 24/08/2026. Certaines plateformes permettent d’acheter des fractions d’actions pour des montants inférieurs, et les plans d’investissement programmé de courtiers comme Trade Republic acceptent des versements réguliers dès quelques euros.

L’action TotalEnergies est-elle éligible au PEA ?

Oui, et c’est même l’un des piliers de la thèse pour un investisseur français : TotalEnergies se loge en PEA (éligibilité vérifiée sur la fiche du courtier en août 2026) comme au SRD. Passé 5 ans de détention, le dividende de 4,65 % n’y supporte que 18,6 % de prélèvements sociaux, là où un compte-titres subit la flat tax de 31,4 %. Seule ponction inévitable : la taxe sur les transactions financières de 0,3 % à chaque achat.

Pourquoi l’action baisse-t-elle alors que les profits sont records ?

Parce que le marché regarde devant : les records du S1 2026 (11,4 Mds $ de résultat ajusté, +47 %) viennent d’un Brent à plus de 100 $ et de marges de raffinage exceptionnelles liées aux tensions au Moyen-Orient. Les analystes anticipent une normalisation vers 80-85 $ dès 2027, avec un bénéfice par action en repli de 8,36 € à 7,45 €. Le titre reprend donc son souffle sous son plus haut historique de 81,34 €, le temps de savoir si la crise dure.

TotalEnergies peut-elle suspendre son dividende ?

Aucune entreprise ne peut le garantir, mais l’historique plaide pour la solidité : le dividende a été maintenu en 2020, la pire année du secteur, quand Shell et BP coupaient les leurs. La politique officielle prévoit de reverser plus de 40 % du cash-flow opérationnel à travers les cycles, et le point mort amont sous 26,4 $ le baril protège la génération de cash même en cas de forte baisse du brut.

Qu’est-ce que le risque de taxe sur les superprofits ?

Le débat est revenu au Parlement en 2026 et se tranchera lors de l’examen du projet de loi de finances 2027, à l’automne. Le groupe met en avant un taux d’imposition moyen de 41,4 % et environ 2 Mds € versés aux finances publiques françaises en 2025, et a menacé de retirer le plafonnement des carburants à 1,99 €/L en cas de surtaxe. Une contribution exceptionnelle est l’ingrédient principal du scénario baissier des analystes.

L’action TotalEnergies est-elle adaptée aux débutants ?

C’est une grande valeur liquide, éligible au PEA, au dividende régulier et à la communication financière fournie : un profil accessible. Mais elle reste une valeur pétrolière, dont le cours suit le baril à la hausse comme à la baisse, avec en 2026 une couche de risque géopolitique et fiscal. Un débutant doit y voir une brique de rendement dans un portefeuille diversifié, pas un placement défensif garanti.

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