Qu’est-ce qu’un ETF (tracker) ? Guide 2023 des Exchange Traded Funds

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Les ETF, ou Exchange Traded Funds, sont des instruments incontournables des marchés financiers, qui présentent de nombreux avantages. Connus des investisseurs depuis les années 2000, les ETF ont en réalité été introduits en 1993.

Pour l’investisseur débutant, comme pour le gérant de fonds professionnel, les ETF s’intègrent aisément à toutes les stratégies d’investissement, et il peut être intelligent d’en faire usage pour une partie de son portefeuille.

ETF, Définition : concrètement, de quoi s’agit-il ?

Dans le secteur de l’investissement, l’ETF est le produit dont la croissance a été la plus rapide lors des deux dernières décennies. Cela s’explique aisément, par le fait qu’il réponde à un besoin primordial pour les investisseurs : la simplification.

Petite histoire des ETF

Depuis la création des marchés boursiers, les acteurs, particuliers comme professionnels, ont toujours cherché à répliquer la performance d’indices phares, ou de secteurs d’activités précis. Au début du vingtième siècle, lors de l’essor des marchés boursiers aux États-Unis et en Grande Bretagne, les investisseurs n’avaient d’autres choix que d’acheter toutes les actions d’un indice pour en répliquer l’évolution. Une opération peu pratique, et coûteuse en frais de courtage…

C’est ainsi que, dans les années 1920, les fonds collectifs furent créés, avec le fameux Massachusetts Investors Trust toujours actif aujourd’hui. Il s’agissait d’une sorte de véhicule d’investissement géré par des professionnels de manière « manuelle ».

Cette initiative fut suivie en 1975 par les « fonds communs de placement indiciel », qui permettaient aux investisseurs de confier leur argent aux gérants qui « répliquaient » la performance d’indices tels que le S&P 500. Mais ces deux approches étaient encore loin d’offrir l’avantage principal des ETF : la possibilité d’acheter ces fonds directement sur le marché boursier.

En effet avec les ETF, vous n’avez pas besoin de confier votre argent à un professionnel afin que celui-ci, au travers de procédures complexes, parvienne à le placer de manière à vous offrir la performance de tel ou tel indice. Non, avec les ETF, vous pouvez acheter directement votre « part de fond » sur le marché…

Les ETF, en quoi cela consiste-t-il ?

Pour faire simple, les ETF sont des outils d’investissement passif, qui vous permettent de répliquer l’évolution boursière d’un sous-jacent (souvent un indice). Les ETF sont également appelés « fonds », ou « trackers », et il en existe une variété absolument incroyable, offrant à l’investisseur la possibilité de reproduire la performance d’un groupe d’actions, d’un secteur économique, d’une liste de matières premières, etc.

Pourquoi acheter des ETF (Exchange Traded Funds) en 2023 ?

L’atout indiscutable des ETF, qui en fait un allié de choix au sein de toute stratégie d’investissement, est tout bonnement leur simplicité d’utilisation. Les ETF sont cotés en bourse, de la même manière qu’une simple action. C’est en quelque sorte une manière simplifiée d’investir en bourse. Il suffit de les acheter, et leur prix évoluera en fonction de la valeur de leur sous-jacent.

Par exemple, si vous souhaitez placer 1 000 € sur l’indice CAC 40, il vous suffit d’acheter un tracker CAC 40. À la suite de votre investissement, si le CAC 40 gagne 2 %, vos 1 000 € se valoriseront également de 2 %, soit 20 €.

Si vous aviez dû acheter les 40 actions de l’indice, en respectant les pondérations de chacune d’entre elles, vous auriez fait face à un sérieux casse-tête, et payé des frais de transaction pour chaque ligne de portefeuille. Grâce à un ETF CAC 40, vous vous simplifiez infiniment la tâche, en effectuant votre investissement en un clic !

Quels sont les différents types d’ETF ?

Vous trouverez forcément l’ETF adapté à vos besoins, en fonction des classes d’actifs qui vous intéressent, de votre expérience sur les marchés, mais également de votre aversion à gérer le risque. On peut classifier les ETF selon quatre types.

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Les ETF Actions / Obligations

Il s’agit de la catégorie d’ETF la plus répandue chez les courtiers, particulièrement pour ce qui est des ETF Actions. Ces derniers vous permettront, comme expliqué précédemment, de répliquer la performance d’un panier d’actions, le plus souvent un indice.

Même principe en ce qui concerne les ETF obligataires. Pour rappel, les obligations sont des instruments financiers qui permettent aux États et grandes sociétés d’emprunter de l’argent. Lorsque vous achetez une obligation, vous octroyez donc un prêt, à un taux souvent prédéfini. L’évolution des taux directeurs sur le marché fait donc fluctuer le prix de vos obligations, qui deviennent plus ou moins « intéressantes ».

Les ETF obligataires agrègent donc les performances des obligations d’un secteur, ou des États d’une zone géographique par exemple. Ces ETF présentent une volatilité généralement moins importante que les ETF actions, ce qui peut présenter un avantage si vous souhaitez contrôler la volatilité de votre portefeuille à court terme.

Exemple d’ETF Actions : l’ETF “Lyxor CAC 40 (DR) UCITS ETF – Dist” dont l’ISIN est FR0007052782. En consultant sa fiche technique, on s’aperçoit que ce fonds est géré par la banque d’affaires Amundi, et que son objectif est de répliquer la performance de l’indice CAC 40. L’acronyme “Dist” dans le nom de l’ETF précise le fait que ce tracker vous distribuera les dividendes le cas échéant. Dans le cas contraire, le titre indiquerait “Acc”, ce qui signifie que ces dividendes seraient réinvestis directement par le fonds.

Les ETF sectoriels.

Si vous vous intéressez à la performance d’un secteur économique, les ETF sectoriels sont de bons alliés. Vous pouvez ainsi choisir d’investir dans des ETF agriculture, ou encore des trackers centrés sur les énergies fossiles, ou sur le secteur bancaire, etc. De manière générale, ces ETF vont regrouper une liste de sociétés du secteur concerné, en attribuant des pondérations plus importantes aux acteurs historiques et aux grosses capitalisations, et en incluant également quelques sociétés innovantes, afin d’allier confiance et dynamisme au sein du même outil.

Exemple d’ETF sectoriel : l’ETF “iShares Oil & Gas Exploration & Production UCITS ETF USD (Acc)”, ISIN IE00B6R51Z18. Il s’agit d’un tracker émis par le fonds d’investissement BlackRock, et dont l’objectif est d’agréger les performances d’une sélection de sociétés pétrolières et gazières à travers le monde, avec néanmoins une concentration sur les entreprises américaines.

Les ETF stratégiques.

Ces ETF, qu’on nomme aussi « Smart Beta » ne se construisent pas sur des critères sectoriels, mais plutôt sur des orientations stratégiques, à savoir qu’ils peuvent inclure des actions de sociétés dont les secteurs d’activité n’ont rien à voir. On peut par exemple citer :

  • Les ETF Quality, qui sélectionnent des actions d’entreprises sur la qualité fondamentale, financière et comptable de ces dernières,
  • Les ETF Value, dont l’objectif est de sélectionner des entreprises sous-cotées selon différents ratios de valorisation,
  • Les ETF Momentum, qui regroupent des actions sur des critères d’analyse technique, en cherchant à capter des tendances haussières,
  • Les ETF Volatility qui, comme leur nom l’indiquent, se servent du niveau de volatilité des actions pour constituer la liste sous-jacente,
  • Les ETF « Taille », qui se basent sur la capitalisation boursière des sociétés, afin d’offrir à l’investisseur un panel de grosses entreprises, ou moyennes, ou small caps pour les investisseurs plus enclins au risque et à la volatilité,
  • Les ETF Growth, qui favorisent les valeurs de croissance,
  • Les ETF Dividend, qui établissent une sélection de valeurs à dividendes élevés, qui sont par ailleurs réinvestis afin d’apporter de la valeur à l’ETF.

Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive, il existe bien d’autres trackers « Smart Beta ». Précisons également que ce type d’ETF peut tout à fait être combinatoire, c’est-à-dire regrouper deux critères de sélection des sous-jacents, ou plus.

Les ETF avec effet de levier

Certains ETF vous permettent de répliquer la performance d’un sous-jacent, en appliquant un coefficient multiplicateur (s’établissant en général à 2). Par exemple, avec un ETF CAC 40×2, vous gagnerez 4 % lorsque le CAC 40 réalisera une performance de 2 %.

Vous l’aurez donc compris, ce type d’ETF ne s’adresse qu’aux investisseurs confirmés, qui souhaitent profiter à court terme d’une variation de marché. Il n’est en effet pas du tout conseillé de conserver un ETF à effet de levier sur le long terme. Premièrement car une baisse du sous-jacent entraînerait des pertes bien plus importantes pour votre portefeuille, et deuxièmement à cause de l’effet « Beta Slippage ». Cette notion peut vous paraître totalement inconnue, mais elle est très simple à appréhender :

Imaginons que vous investissiez 100 € dans un ETF à effet de levier 2, et que votre sous-jacent baisse de 25 %. Votre ETF, lui, perdra 50 %, et votre investissement ne vaudra plus que 50 €. Supposons à présent que votre sous-jacent revienne à sa valeur d’origine. Pour cela, il doit réaliser une hausse de 33,33 %. Votre ETF s’appréciera en conséquence de 66,66 %, et votre investissement vaudra donc 83,33 €. On constate alors que, bien que le sous-jacent ait retrouvé sa valeur de départ, ce n’est pas le cas pour votre investissement, à cause de l’effet de levier.

Ainsi, dans le contexte de fluctuations des marchés, qui alternent phases de hausses et de baisses, parfois au sein d’une même séance, les ETF à effet de levier en Bourse sont des outils très risqués, qu’il est déconseillé de conserver longtemps en portefeuille…

Exemple d’ETF avec effet de levier : l’ETF “Lyxor EURO STOXX 50 Daily (2x) Leveraged UCITS ETF – Acc”, géré par Amundi, et dont l’ISIN est FR0010468983. On constate dans l’intitulé du tracker que le sous-jacent et l’EuroStoxx50. Le tracker répliquera donc la performance de cet indice Européen, mais avec un coefficient multiplicateur de 2. Ainsi, lorsque l’EuroStoxx gagnera 1 %, cet ETF gagnera 2 %.

Comment choisir un ETF ?

Le choix d’un ETF dépendra grandement de votre profil, des conditions de marchés, et du sous-jacent en question. Cependant, il existe des critères de sélection objectifs, que tout investisseur serait avisé de considérer, avant de réaliser son achat d’ETF.

Le sous-jacent

Bien entendu, le choix du sous-jacent est primordial pour un investissement en ETF. Mais puisque les trackers représentent presque systématiquement un indice, un secteur d’activité, ou une zone géographique, il est important d’étudier minutieusement les composantes du tracker.

En effet, certains indices sont très concentrés sur quelques valeurs, quand d’autres en englobent des centaines ! Cette question de la composition change grandement le profil de risque de l’ETF, et la manière dont une industrie ou une économie est représentée au sein du produit…

La technique de réplication de l’indice

Sans entrer dans le détail des techniques de réplication, il est important de considérer la notion générale, afin de comprendre, dans les grandes lignes, la manière dont les ETF sont construits. Il existe deux grands types de réplication :

  • La réplication physique, qui consiste pour le fournisseur de l’ETF à acheter l’ensemble des valeurs sous jacentes, en respectant bien entendu les logiques de pondération lorsque le sous-jacent est un indice,
  • La réplication synthétique, pour laquelle le fournisseur utilise un swap, outil qui permet d’échanger la performance de deux actifs. L’ETF comprend donc une liste de valeurs différente de celle de l’indice, dont il échange la performance contre celle de cet indice via l’intermédiaire du swap. Le fait d’utiliser un swap expose à un infime risque de contrepartie (de la part de la banque qui vend le swap au fournisseur d’ETF).

De manière générale, la réplication synthétique offre un meilleur tracking de performance, c’est-à-dire que l’évolution du prix de votre ETF suivra plus précisément celle du sous-jacent. Les ETF synthétiques sont également moins coûteux et permettent de faire rentrer dans votre PEA des valeurs plus internationales.

La liquidité, et donc le prix

Comme tous les actifs cotés, les ETF subissent la loi de l’offre et de la demande. Il est important de choisir des ETF dont la liquidité est suffisante, afin de minimiser les écarts de prix entre la valeur de l’ETF sur le marché, et sa « valeur théorique » ou valeur liquidative.

Les frais

Bien entendu, les fournisseurs d’ETF vous factureront des frais de gestion, qui seront souvent difficiles à déceler puisqu’inclus dans la performance de l’ETF. Attention donc à bien déchiffrer les fiches techniques et descriptions des ETF pour éviter de subir une amputation trop importante de la performance du produit.

Typiquement, la majorité des frais de gestion n’impactent pas votre rendement de manière trop significative, mais il convient de les appréhender de manière plus globale, en les combinant avec les frais de courtage, et les écarts de prix dus à la liquidité plus ou moins importante de l’ETF.

Additionnées, toutes ces petites concessions peuvent représenter des écarts de performance importants en comparaison avec la performance du sous-jacent.

Les dividendes

D’un ETF à l’autre, le traitement des dividendes varie. Certains émetteurs les distribuent, d’autres non. Dans le cadre d’un ETF indiciel par exemple, le fournisseur de votre ETF va acheter les valeurs incluses au sein de l’indice concerné pour en répliquer la performance et, le cas échéant, recevoir des dividendes. Prenez donc garde à bien vérifier la politique du fonds en matière de dividendes avant de passer à l’achat.

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Comment acheter des ETF ?

Certaines entités peuvent acheter des parts d’ETF sur le marché primaire, en dehors de la bourse et à la création de ces produits. Pour les particuliers, il est simple et habituel de passer par le marché secondaire, c’est-à-dire la bourse. Pour se faire il suffit d’ouvrir un simple compte titre, un PEA (Plan d’Épargne en Actions), ou encore réaliser l’achat par le biais d’une assurance-vie.

Les deux premières options, qui sont sans doute les plus simples, vous permettront de profiter d’une grande liberté dans la sélection de votre tracker. Vous pourrez alors acheter des ETF de la même manière que vous achèteriez des actions. Attention cependant à bien vérifier les critères énumérés précédemment.

Concrètement, la procédure d’achat de votre ETF sera sensiblement similaire d’une plateforme à l’autre :

  • Pour sélectionner votre tracker, les courtiers vous proposeront systématiquement une interface où vous pourrez indiquer vos préférences de sélection. Il peut s’agir du type de sous-jacent, de la zone géographique, du secteur d’activité, etc,
  • Une fois vos critères définis, votre courtier vous proposera une liste des ETF correspondants, et lorsque vous en sélectionnez un, vous obtiendrez un résumé de ses caractéristiques (code ISIN, composition, type de réplication, prix, compatibilité PEA, frais de gestion etc),
  • Vous n’aurez plus qu’à entrer la quantité souhaitée, en fonction du prix offert et du montant que vous désirez investir.

Pour simplifier davantage le processus, vous pouvez même mettre en place un achat récurrant de type Dollar Cost averaging, aussi appelé investissement programmé.

Les trackers ETF sont-ils éligibles PEA ?

Vos résultats et votre performance pourront être influencés par le choix de votre enveloppe fiscale. Cette enveloppe fiscale est tout simplement le type de compte au travers duquel vous souhaitez effectuer vos achats de trackers.

Si vous faites le choix d’ouvrir un PEA, ce qui pourrait être intéressant fiscalement, vous devez savoir que tous les ETF que vous trouverez en bourse ne sont pas compatibles avec cette enveloppe fiscale. Pour pouvoir être détenu à travers votre PEA, les trackers doivent :

  • Répliquer des indices européens, ou
  • Répliquer un groupement d’actions de sociétés dont au moins 75% ont leur siège social en Europe, et/ou,
  • Utiliser la réplication synthétique.

Ces limites sont relatives, puisque vous aurez tout de même le choix entre plusieurs centaines d’ETF compatibles PEA. Ainsi, pas de quoi éclipser les avantages fiscaux d’un tel dispositif.

Pour rappel, après 5 ans de détention de vos titres en PEA (ETF inclus), les revenus que vous en tirerez ne seront plus imposés en dehors des 17,2 % de prélèvements sociaux. Une différence de taille avec le compte titres, qui vous permettra, lui, un accès plus exhaustif à la totalité des ETF, mais vous soumettra à la flat tax de 30 %.

Par ailleurs, le PEA vous permettra de bénéficier de l’avantage des intérêts composés. Cette enveloppe fiscale vous permet en effet de décaler l’imposition des dividendes à la clôture de votre PEA. Ainsi, vos dividendes non tronqués par l’imposition, une fois réinvestis, génèrent des revenus supplémentaires qui s’additionnent au fil des années.

Enfin, la logique par essence du PEA, qui réside dans le placement à moyen/long terme, est extrêmement compatible avec celle des ETF, qui eux sont synonymes de gestion passive. Ce type de gestion, qui ne demande aucun arbitrage, à l’avantage de n’occasionner que très peu de frais de courtages.

FAQ : Question fréquentes sur les ETF

Qu’est-ce qu’un ETF ?

Un ETF est un instrument financier coté, permettant à l’investisseur de répliquer la performance d’un indice ou d’un groupement d’actions.

Quels sont les avantages des ETF ?

L’avantage des ETF est la simplicité de gestion, et la diversification de portefeuille qu’ils offrent, tout cela de manière passive.

Comment acheter des ETF ?

Pour acheter des ETF, il est important de définir son enveloppe fiscale, à savoir le type de compte à travers l’achat sera réalisé. Ensuite, l’achat d’ETF se fait généralement depuis la plateforme en ligne de l’intermédiaire, de manière très simple.

Quelle est la différence entre ETF et action ?

Une action est une part de société cotée en bourse. En faisant l’acquisition d’une action, on devient actionnaire de cette société. Un ETF est un fonds, géré par des professionnels de la finance, et qui regroupe les actions de plusieurs sociétés cotées. Lorsque l’on achète un ETF, on achète une part de ce fonds.

Peut-on investir en ETF avec un PEA ?

Il est tout à fait possible d’investir dans une sélection d’ETF avec un PEA, et cela offre même des dispositions fiscales avantageuses.

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