
Action Stellantis : faut-il acheter malgré la décote et un cash toujours négatif ?
Résultats du troisième trimestre 2026 publiés par Stellantis le 28 octobre 2026. Cours de référence : clôture du 28 octobre 2026.
| Stock | Symbol | Price | 52 Week Range | Dividend Rate | Dividend Yield | Industry | Country | EPS | Shares | Last Updated | Currency | Type |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
STELLANTIS NV STLAP.PA | STLAP.PA | 4,24 € | 0,00 | 0,00% | Auto Manufacturers | Netherlands | 5,38 | 2.904.596.446 | 12 heures ago | EUR | EQUITY |
| Information | Détail |
|---|---|
| Code ISIN | NL00150001Q9 |
| Mnémonique | STLAP à Paris, STLAM à Milan, STLA à New York |
| Place de cotation | Euronext Paris (également Euronext Milan et NYSE) |
| Secteur | Automobile, constructeur généraliste multi-marques |
| Indices | CAC 40, SBF 120, Euronext 100, FTSE MIB |
| Siège social | Hoofddorp, Pays-Bas |
| Éligible PEA | Oui, SRD également |
| Effectif | environ 258 700 collaborateurs |
| Dividende | suspendu depuis 2026 |
Faut-il acheter l’action Stellantis ?
Stellantis se paie toujours à peine plus de 0,2 fois ce que valent ses propres comptes. À 4,284 € à la clôture du 28 octobre, la capitalisation tombe à environ 12,4 Mds €, pour une valeur comptable d’environ 19,4 € par action. Le titre a perdu plus de 80 % depuis son record de mars 2024, et il touchait encore son plus bas historique, 3,505 €, le 23 octobre.
Les résultats du troisième trimestre, publiés le 28 octobre, ont fait bondir l’action de 15,39 % en une séance. Le compte de résultat se redresse : la perte nette tombe à 453 M€, contre 4,5 Mds € un an plus tôt.
Mais le cash ne suit pas : le flux de trésorerie industriel ressort à -4,0 Mds € sur le trimestre et à -4,9 Mds € depuis janvier. L’Europe perd de l’argent et l’Amérique du Nord dépasse à peine l’équilibre.
Les analystes restent sur la réserve. Sur 26 bureaux suivis par FactSet, 17 conseillent de conserver, et l’objectif médian de 5,29 € offre environ 23 % de potentiel. Il a pourtant reculé de près de 20 % en trois mois. Le dividende est suspendu, et le bilan tient en partie grâce à 5 Mds € d’obligations hybrides émises en mars, qui coûtent plus de 6 % par an.
L’action Stellantis reste un pari de retournement, réservé à un investisseur offensif qui accepte une forte volatilité et un horizon de deux à trois ans. La preuve décisive viendra du cash, que la direction promet positif en 2027 : tant qu’il n’est pas là, la décote peut durer. Elle ne convient ni à un profil prudent, ni à qui cherche un revenu.
Action éligible au PEA et au SRD, accessible dès quelques euros.
Les comptes du troisième trimestre 2026 permettent de dresser le bilan suivant :
Avantages de l’action Stellantis en 2026
- Une décote de bilan rare : environ 0,22 fois la valeur comptable, de l’ordre de 19,4 € par action,
- Un compte de résultat qui se redresse : 217 M€ de bénéfice net sur neuf mois, contre une perte de 6,8 Mds € un an plus tôt,
- L’Amérique du Nord repasse dans le vert au troisième trimestre, portée par Ram, dont les ventes progressent de 30 %,
- Deux zones très rentables : Moyen-Orient-Afrique à 14,6 % de marge et Amérique du Sud à 10,5 %,
- Une liquidité industrielle de 42,7 Mds € et une trésorerie nette industrielle de 5,4 Mds €,
- Un plan d’économies de 6 Mds € par an, dont au moins 40 % mis en œuvre d’ici fin 2026 selon la direction,
- Éligible au PEA malgré son siège néerlandais.
Inconvénients de l’action Stellantis en 2026
- Un flux de trésorerie industriel de -4,9 Mds € sur neuf mois, déjà plus lourd que sur toute l’année 2025,
- L’Europe reste déficitaire : -311 M€ de résultat opérationnel ajusté au troisième trimestre,
- Une marge opérationnelle ajustée de 1,7 % seulement sur neuf mois,
- Dividende suspendu, sans date de retour annoncée,
- Des objectifs d’analystes en baisse : médiane passée de 6,57 € à 5,29 € en trois mois, HSBC à 3,30 €,
- Des droits de douane américains estimés à 1,0 Md€ en 2026, plus des surcoûts de puces mémoire et de rappels,
- 5 Mds € d’obligations hybrides qui passent avant les actionnaires et coûtent de 6,25 à 8,25 % par an.
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Cours de l’action Stellantis en direct
À la clôture du 28 octobre 2026, l’action Stellantis vaut 4,284 €, après un bond de 15,39 % le jour des résultats du troisième trimestre. Cinq séances plus tôt, le 23 octobre, elle touchait son plus bas historique, à 3,505 €. Depuis le 1er janvier, la baisse atteint 56 %, et la fourchette des douze derniers mois va de 3,505 € à 10,494 €.
Le rebond ramène le cours juste au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours (4,22 €), mais très loin de celle à 200 jours (5,67 €). Un bond de soulagement après des résultats moins mauvais que prévu ne fait pas une tendance : pour que le marché change de regard, il faudra que la trésorerie suive.
De 2021 à aujourd’hui : comment le titre a perdu 80 %
Comprendre la décote actuelle suppose de dérouler cinq ans d’histoire boursière. Stellantis n’est pas entrée en Bourse : elle est née en janvier 2021 de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, et ses actions ont commencé à coter à Milan, Paris puis New York sans aucune levée de fonds. Du record de 27,345 € touché le 26 mars 2024 au plus bas de 3,505 € du 23 octobre 2026, le titre a perdu 87 % de sa valeur.
| Période | Ce qui s’est passé | Résultat net de l’exercice |
|---|---|---|
| 2021-2023 | La machine à profits : synergies de fusion, marges records, rachats d’actions | 13,4 puis 16,8 puis 18,6 Mds € |
| Mi-2024 | Avertissement sur résultats, accumulation de stocks aux États-Unis | 5,5 Mds € |
| 1er décembre 2024 | Démission de Carlos Tavares | – |
| Juillet 2025 | Perte semestrielle de 2,3 Mds €, sous l’effet des droits de douane américains | – |
| 6 février 2026 | Annonce du « reset » : charges exceptionnelles massives, chute de 25,24 % en une séance | – |
| 26 février 2026 | Publication des comptes annuels : perte nette de 22,3 Mds € | -22,3 Mds € |
| Mars 2026 | Émission de 5 Mds € d’obligations hybrides perpétuelles | – |
| 21 mai 2026 | Présentation du plan FaSTLAne 2030 | – |
| 30 juillet 2026 | Résultats du premier semestre : retour aux bénéfices, 670 M€ | – |
| 23 octobre 2026 | Plus bas historique du titre, à 3,505 € | – |
| 28 octobre 2026 | Troisième trimestre : perte réduite à 453 M€, le titre bondit de 15,39 % | – |
La séance du 6 février 2026 reste la plus violente : -25,24 % en une journée, la plus forte baisse jamais enregistrée par le titre. Ce jour-là, le groupe annonce environ 22 Mds € de charges pour le second semestre 2025 et la suspension du dividende. Le marché ne sanctionne pas une sortie de trésorerie, mais l’aveu que la stratégie des années précédentes était fausse.
Résultats financiers de Stellantis et objectifs
Le troisième trimestre 2026 : le compte de résultat se redresse, pas le cash
| Indicateur | T3 2025 | T3 2026 | Variation |
|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires net | 37 206 M€ | 37 611 M€ | +1 % |
| Résultat opérationnel ajusté | 90 M€ | 256 M€ | +184 % |
| Marge opérationnelle ajustée | 0,2 % | 0,7 % | +50 points de base |
| Résultat net | -4 532 M€ | -453 M€ | perte réduite de 90 % |
| Bénéfice par action dilué | -1,57 € | -0,18 € | – |
| Flux de trésorerie industriel | -4 304 M€ | -4 009 M€ | +295 M€ |
| Livraisons consolidées | 1 300 000 | 1 286 000 | -1 % |
Le progrès est réel, mais il se mesure sur une base très basse : le troisième trimestre 2025 avait encaissé 5,8 Mds € de charges exceptionnelles, dont 3,3 Mds € de provisions de garantie. Celui de 2026 en porte encore 587 M€, notamment 223 M€ pour le rappel des airbags Takata et 118 M€ de dépréciation sur Leasys, la filiale de location longue durée.
Sur neuf mois, la lecture est plus flatteuse : chiffre d’affaires de 119,2 Mds € (+7 %), résultat opérationnel ajusté de 2,0 Mds € (1,7 % de marge) et bénéfice net de 217 M€, contre une perte de 6,8 Mds € un an plus tôt. La ligne qui fâche reste le cash : -4,9 Mds € de flux de trésorerie industriel depuis janvier, après un deuxième trimestre pourtant positif de 1,0 Md€.
Ce que rapporte chaque zone
| Zone | CA T3 2026 | Évolution | Résultat opérationnel ajusté | Marge | Livraisons |
|---|---|---|---|---|---|
| Amérique du Nord | 15 586 M€ | -3 % | +64 M€ | 0,4 % (+340 pb) | 357 000 (-12 %) |
| Europe élargie | 14 062 M€ | +3 % | -311 M€ | -2,2 % (-340 pb) | 588 000 (+10 %) |
| Amérique du Sud | 4 120 M€ | +3 % | +431 M€ | 10,5 % (-30 pb) | 251 000 (stable) |
| Moyen-Orient et Afrique | 1 673 M€ | -19 % | +244 M€ | 14,6 % (+140 pb) | 75 000 (-21 %) |
| Asie-Pacifique | 445 M€ | -7 % | +18 M€ | 4,0 % (+480 pb) | 15 000 (-6 %) |
| Total consolidé | 37 611 M€ | +1 % | +256 M€ | 0,7 % (+50 pb) | 1 286 000 (-1 %) |
- L’Amérique du Nord repasse dans le vert : +64 M€ contre -475 M€ un an plus tôt, malgré un arrêt de production programmé sur les Jeep Grand Cherokee et Compass. Les prix et les économies industrielles compensent la baisse des volumes. La part de marché remonte à 7,5 %, et les ventes de Ram progressent de 30 %. Mais 0,4 % de marge reste très loin des plus de 12 % de 2022 et 2023.
- L’Europe fait du volume sans profit : livraisons en hausse de 10 %, mais un résultat opérationnel ajusté de -311 M€, plombé par des prix en baisse et un mix défavorable. La part de marché recule à 14,8 % (15,6 % avec Leapmotor). Les ventes de voitures électriques progressent de 65 %, sans encore se traduire en marges.
- L’Amérique du Sud et l’Afrique amortissent : 10,5 % et 14,6 % de marge, des niveaux que ni l’Europe ni l’Amérique du Nord n’approchent. Le groupe reste numéro un au Brésil (25,1 % de part de marché) et en Argentine (25,3 %).
- L’Asie reste marginale : 445 M€ de chiffre d’affaires et 0,2 % de part de marché. Le pari passe par Leapmotor International, détenue à 51 %, dont les ventes ont presque quadruplé sur un an.
💡 Pour qui recalculerait les totaux : la somme des zones ne tombe pas sur le consolidé. Les autres activités et éliminations internes pèsent -190 M€ de résultat opérationnel ajusté au troisième trimestre. C’est le chiffre consolidé qui fait foi.
Les objectifs pour 2026
La direction a confirmé le 28 octobre ses objectifs annuels : un chiffre d’affaires en hausse « à un chiffre moyen », une marge opérationnelle ajustée « à un chiffre bas », et un flux de trésorerie industriel en amélioration par rapport à 2025, malgré environ 1,6 Md€ de décaissements liés aux charges du second semestre 2025.
Pour le quatrième trimestre, elle annonce pour le quatrième trimestre davantage de livraisons qu’au troisième, des prix globalement stables et un apport positif du besoin en fonds de roulement.
Le calcul est simple et sévère : le flux de trésorerie industriel de 2025 était de -4,5 Mds €, celui des neuf premiers mois de 2026 atteint déjà -4,9 Mds €. Pour tenir sa promesse, Stellantis doit dégager au moins 0,4 Md€ de cash au quatrième trimestre. Et l’objectif qui compte vraiment est fixé à 2027 : un flux de trésorerie industriel positif, condition du retour du dividende.

Analyse fondamentale de l’action Stellantis
Une décote de bilan qui se chiffre
Le point de départ de toute thèse sur Stellantis est là. Au 30 septembre 2026, les capitaux propres part du groupe atteignent 61,3 Mds €, dont 5,1 Mds € d’obligations hybrides perpétuelles comptées en fonds propres. Hors hybrides, la valeur comptable ressort à environ 19,4 € par action, pour 2,9 milliards d’actions. Au cours de 4,284 €, le marché valorise donc le groupe à 0,22 fois son actif net.
💡 Pourquoi retirer les hybrides du calcul ? Ces titres perpétuels sont classés en capitaux propres par les normes comptables, mais ils appartiennent à des créanciers, pas aux actionnaires. Leurs coupons passent avant tout dividende : la valeur qui revient vraiment à l’actionnaire est celle hors hybrides.
Des multiples déformés par la purge comptable
| Indicateur | Valeur | Lecture |
|---|---|---|
| Cours sur actif net | 0,22x | Décote de près de 80 % sur la valeur comptable |
| Valeur d’entreprise sur chiffre d’affaires | 0,2x | Le marché valorise environ un cinquième d’une année de ventes |
| PER sur bénéfice 2026 attendu | environ 11x | Sur un bénéfice par action estimé à 0,39 € (consensus FactSet) |
| PER sur bénéfice 2027 attendu | environ 4,7x | Sur un bénéfice par action estimé à 0,91 € |
| Résultat net sur douze mois glissants | environ -15,3 Mds € | Traîne encore la perte 2025, sans valeur prédictive |
Un ratio doit être écarté d’emblée : la valeur d’entreprise rapportée à l’excédent brut d’exploitation des douze derniers mois. Cet excédent a été laminé par les charges de 2025, et le ratio ressort négatif. Un multiple calculé sur une année de purge comptable ne mesure rien. Le PER 2027 de moins de 5 fois paraît très bas, mais il repose sur un bénéfice que les analystes ont fortement revu à la baisse ces derniers mois.
Un bilan qui donne du temps
C’est le contrepoids sérieux à la thèse baissière. Au 30 septembre 2026, Stellantis dispose de 32,5 Mds € de trésorerie et de titres liquides, et de 13,9 Mds € de lignes de crédit confirmées non tirées. Sa liquidité industrielle atteint 42,7 Mds €, soit 26 % du chiffre d’affaires annuel, dans la cible interne de 25 à 30 %.
La trésorerie nette industrielle reste positive, à 5,4 Mds €, contre 6,7 Mds € fin 2025. Sur le périmètre automobile, le groupe détient donc plus de cash que de dette. La dette brute de 56,0 Mds € inclut celle des filiales de financement, adossée à des crédits accordés aux clients et aux concessionnaires.
Mais ce coussin a un prix. Sur neuf mois, la liquidité industrielle a reculé de 3,1 Mds €, et le groupe a compensé la consommation de cash en levant 3,4 Mds € d’obligations et 5 Mds € d’obligations hybrides perpétuelles en mars, à des coupons de 6,25 %, 6,875 % et 8,25 %. Le risque du dossier n’est pas la faillite à court terme, c’est le coût d’un redressement qui s’éternise.
Ce que la perte 2025 recouvrait vraiment
Les 22,3 Mds € de perte nette de 2025 découlent de 25,4 Mds € de charges exceptionnelles avant impôt. Les principales : 9,1 Mds € de réalignement des produits et programmes, 6,6 Mds € de dépréciations de plateformes, 4,1 Mds € de provisions de garantie, 2,1 Mds € sur les coentreprises de batteries et 1,1 Md€ pour l’arrêt de l’hydrogène.
💡 Ces charges sont en grande partie non monétaires : déprécier un actif ne fait pas sortir d’argent. Le groupe chiffrait à environ 6,5 Mds € les décaissements réels, étalés sur quatre ans. Pour 2026, il en attend environ 1,6 Md€, dont 1,1 Md€ déjà payés à fin septembre. C’est ce qui explique qu’une perte comptable historique n’ait pas mis le bilan en danger.
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Les facteurs qui font bouger le cours
La reconquête américaine, variable numéro un
Tout se joue là. L’Amérique du Nord pèse plus de 40 % du chiffre d’affaires et assurait historiquement l’essentiel des profits. Sa marge est repassée en positif au troisième trimestre (0,4 %), avec une part de marché remontée à 7,5 % et des ventes de Ram 1500 en hausse de 73 %. Chaque point de marge regagné sur cette zone vaut plus de 600 M€ de résultat opérationnel par an.
Le prochain test est celui des stocks : la direction vise, fin décembre 2026, un niveau proche de celui de fin 2025. Stellantis y engage par ailleurs 13 milliards de dollars d’investissements industriels sur quatre ans, pour relancer les volumes et produire aux États-Unis une partie de ce qui venait du Mexique et du Canada.
Les droits de douane américains
La facture nette est estimée à 1,0 Md€ pour 2026, dont 0,6 Md€ déjà supportés à fin septembre. C’est plus que la moitié du résultat opérationnel ajusté des neuf premiers mois. Cette variable dépend de décisions politiques américaines sur lesquelles le groupe n’a aucune prise : une aggravation annulerait mécaniquement une partie du redressement de la marge.
L’Europe et la guerre des prix
L’Europe élargie est la seule zone en perte : -2,2 % de marge au troisième trimestre, contre +1,2 % un an plus tôt. Les volumes progressent, mais les prix baissent et le mix se dégrade.
Deux pressions s’additionnent : la concurrence des constructeurs chinois sur les modèles électriques, et le coût des normes européennes d’émissions. La riposte passe par des modèles plus abordables (Fiat Grande Panda, Citroën C3), par les plateformes multi-énergies et par la réduction des capacités prévue dans FaSTLAne 2030.
Le plan FaSTLAne 2030 et la crédibilité de la direction
Antonio Filosa, directeur général depuis juin 2025, a présenté le 21 mai 2026 un plan à horizon 2030 : 60 Mds € d’investissements sur cinq ans, plus de 60 lancements et un programme d’économies de 6 Mds € par an. Le 28 octobre, il a assuré qu’au moins 40 % de ces économies seraient en place fin 2026, avec un gain d’environ deux fois celui du troisième trimestre attendu au quatrième.
Le marché a salué ce discours, mais il attend les chiffres. Après des années de communication démentie par les faits, la direction doit prouver avant d’être crue. Prochain rendez-vous : la journée FaSTLAne 2030 / Maserati du 10 décembre à Modène.
Le pari Leapmotor
Faute d’avoir réussi seule sa transition électrique, Stellantis distribue hors de Chine les véhicules du chinois Leapmotor, via une coentreprise qu’elle détient à 51 %. Les ventes ont presque quadruplé sur un an, et la production des modèles C10 et B10 a démarré en Malaisie au troisième trimestre. La logique est de combler un retard technologique par un partenariat plutôt que par des milliards de recherche ; reste à prouver qu’il rapporte de l’argent.

Qui contrôle Stellantis ?
La structure du capital explique une partie de la stabilité du groupe malgré la crise. Le droit néerlandais permet d’attribuer des droits de vote spéciaux aux actions détenues au nominatif depuis au moins trois ans, ce qui décale fortement le pouvoir par rapport au capital détenu.
| Actionnaire | Part du capital | Part des droits de vote |
|---|---|---|
| Exor (famille Agnelli-Elkann) | 15,48 % | 23,84 % |
| Famille Peugeot (Peugeot Invest, Établissements Peugeot Frères) | 7,72 % | 11,89 % |
| Bpifrance (État français) | 6,64 % | 10,22 % |
| BlackRock | 3,10 % | 2,79 % |
| Autres actionnaires | 67,06 % | 51,26 % |
Les trois actionnaires historiques réunissent 45,95 % des droits de vote pour 29,84 % du capital. Cette configuration garantit la continuité stratégique et écarte toute prise de contrôle hostile, y compris au plus fort de la crise. Elle limite en revanche le poids des minoritaires. L’assemblée générale du 14 avril 2026 a reconduit John Elkann à la présidence et réélu Robert Peugeot et Henri de Castries au conseil.

Action Stellantis : quelles prévisions ?
Ce qu’attendent les analystes
Au 27 octobre, FactSet recense 26 bureaux : 3 conseillent d’acheter, 1 de renforcer, 17 de conserver, 1 d’alléger et 4 de vendre. L’objectif médian ressort à 5,29 €, soit environ 23 % de potentiel par rapport à la clôture du 28 octobre. La fourchette va de 3,30 € à 10,00 €.
Le mouvement compte plus que le niveau. Il y a trois mois, l’objectif médian était de 6,57 € et neuf bureaux étaient à l’achat ou au renforcement ; ils ne sont plus que quatre. Le consensus s’est nettement dégradé avant les résultats du troisième trimestre, et les révisions des prochaines semaines diront si le rebond change la donne.
| Bureau d’analyse | Objectif | Opinion | Date |
|---|---|---|---|
| Berenberg | 5,10 € (contre 7,80 €) | Conserver, abaissé depuis Achat | 16 septembre 2026 |
| RBC Capital Markets | 4,00 € (contre 5,00 €) | Performance sectorielle | 16 octobre 2026 |
| HSBC | 3,30 € (contre 4,00 €) | Alléger | 23 octobre 2026 |
| Jefferies | non communiqué | Achat, maintenu après les résultats | 29 octobre 2026 |
Trois trajectoires possibles d’ici un an
| Scénario | Objectif | Potentiel | Conditions |
|---|---|---|---|
| Défavorable | 3,30 € | -23 % | Cash toujours négatif en 2027, Europe en perte, marge nord-américaine bloquée près de zéro, droits de douane alourdis |
| Central | 5,29 € | +23 % | Cash positif au quatrième trimestre puis en 2027, Europe proche de l’équilibre, économies conformes au plan |
| Favorable | 10,00 € | +133 % | Amérique du Nord revenue vers ses marges passées, Europe bénéficiaire, retour rapide du dividende |
⚠️ Les trois objectifs de ce tableau sont les bornes et la médiane du consensus des analystes ; les conditions associées sont notre lecture, pas celle des bureaux d’études. L’écart entre 3,30 € et 10,00 € mesure surtout l’incertitude : personne ne sait encore si le redressement tiendra.
Les prévisions de résultats
| Année | Chiffre d’affaires | Résultat net | Bénéfice par action | Flux de trésorerie |
|---|---|---|---|---|
| 2026 | 160,5 Mds € | 1,0 Md€ | 0,34 € | -3,4 Mds € |
| 2027 | 164,5 Mds € | 2,4 Mds € | 0,83 € | +0,8 Md€ |
| 2028 | 169,9 Mds € | 4,2 Mds € | 1,32 € | +1,9 Md€ |
Ces estimations ont fondu depuis l’été : fin août, le bénéfice par action attendu pour 2027 dépassait 1,1 €. Rapportés au cours actuel, les chiffres donnent un PER d’environ 5 pour 2027, peu cher même pour un constructeur automobile. Encore faut-il que le retour au cash positif, attendu dès 2027, se matérialise : c’est lui qui conditionne tout le reste.
Le calendrier des prochaines échéances
| Date | Événement | Enjeu |
|---|---|---|
| 10 décembre 2026 | Journée FaSTLAne 2030 / Maserati à Modène | Avenir de Maserati et point d’étape sur l’exécution du plan |
| Fin décembre 2026 | Niveau des stocks en Amérique du Nord | Objectif : un niveau proche de celui de fin 2025 |
| Mi-janvier 2027 (date à confirmer) | Livraisons du quatrième trimestre | Volumes aux États-Unis et résistance en Europe |
| Fin février 2027 (date à confirmer) | Résultats annuels 2026 et objectifs 2027 | Cash du quatrième trimestre et sort du dividende |
| Avril 2027 (date à confirmer) | Assemblée générale annuelle | Vote des comptes et décision sur la distribution |
| Courant 2027 | Retour attendu du cash positif | Condition du retour du dividende et de la revalorisation |
Une seule date est officielle à ce jour : le 10 décembre. Mais le vrai rendez-vous est la publication des résultats annuels, attendue fin février : c’est là que l’on saura si le quatrième trimestre a rendu le cash promis et si la direction confirme un flux de trésorerie positif pour 2027.
Dividende de l’action Stellantis
| Critère | Détail |
|---|---|
| Dividende versé en 2026 | aucun, suspendu lors du « reset » de février 2026 |
| Dernier dividende versé | 0,68 € par action, détaché le 22 avril 2025 |
| Dividende versé en 2024 | 1,55 € par action |
| Rendement actuel | nul |
| Politique historique | distribution de 25 à 30 % du résultat net |
| Retour possible | aucune date annoncée ; estimation FactSet de 0,17 € en 2027 |
Pourquoi le dividende a été suspendu
La décision est cohérente avec les comptes. Après une perte annuelle de 22,3 Mds €, avec des restructurations à financer et un flux de trésorerie industriel négatif, distribuer aurait signifié s’endetter pour payer les actionnaires. Le conseil a choisi de préserver la trésorerie. Le dernier coupon, 0,68 €, a été détaché en avril 2025 ; celui de 2024 atteignait 1,55 €.
Quand le dividende peut-il revenir ?
La direction n’a fixé aucune date. Le retour suppose un flux de trésorerie industriel redevenu positif, objectif affiché pour 2027. Les analystes interrogés par FactSet tablent sur 0,17 € par action en 2027, soit environ 4 % de rendement au cours actuel. Ce n’est qu’une estimation, pas une décision.
💡 Une contrainte nouvelle : les obligations hybrides émises en 2026 permettent à Stellantis de reporter leurs coupons, mais tout dividende versé aux actionnaires obligerait à payer d’abord les coupons reportés. Les porteurs d’hybrides passent avant les actionnaires.

Où et comment acheter des actions Stellantis ?
Trois points valent d’être posés avant de choisir son intermédiaire. Stellantis est cotée à Paris sous le mnémonique STLAP, à Milan sous STLAM et à New York sous STLA, mais il s’agit de la même société et du même code ISIN, NL00150001Q9. Le titre est éligible au PEA malgré son siège néerlandais, puisque le plan accepte les sociétés de l’Union européenne. Il se négocie enfin au SRD.
Dans un PEA, l’option la plus efficace
C’est l’enveloppe à privilégier pour ce dossier. Après cinq ans, les plus-values échappent à l’impôt sur le revenu et ne supportent que les prélèvements sociaux de 18,6 %, contre une flat tax de 31,4 % en compte-titres. Sur un pari de retournement où le gain espéré est une plus-value et non un revenu, l’écart est substantiel. Notre classement des meilleurs PEA compare les frais de chaque intermédiaire.
Dans un compte-titres
Le compte-titres n’offre aucun avantage fiscal mais aucune restriction : il donne accès aux trois places de cotation, dont le NYSE. Les plus-values y sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). Si le dividende revient, une retenue à la source néerlandaise de 15 % s’appliquera, imputable sur l’impôt français au titre de la convention fiscale entre les deux pays. Voir notre guide du compte-titres.
Chez un courtier en ligne ou une banque
Les courtiers en ligne facturent quelques euros par ordre sur Euronext Paris, place où la liquidité du titre est la plus forte. Les banques de réseau proposent le même accès avec un accompagnement en agence, mais des frais de courtage et des droits de garde sensiblement plus élevés. Sur une position destinée à être conservée deux ou trois ans, cette différence pèse. Notre comparatif des courtiers en bourse détaille les grilles.
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Quels ETF contiennent l’action Stellantis ?
Stellantis figure dans les indices français et italiens, ce qui la rend accessible indirectement via plusieurs fonds indiciels :
| Nom de l’ETF | Code ISIN | Pondération Stellantis | Éligible PEA |
|---|---|---|---|
| Amundi FTSE MIB UCITS ETF Dist | FR0010010827 | 1,09 % | Oui |
| Amundi CAC 40 UCITS ETF Acc | FR0013380607 | 0,43 % | Oui |
| Amundi Core STOXX Europe 600 UCITS ETF Acc | LU0908500753 | 0,06 % | Non |
La chute du cours a fait fondre le poids de Stellantis : moins de 0,5 % du CAC 40. Stellantis ne fait pas non plus partie de l’EURO STOXX 50. Pour un investisseur qui souhaite s’exposer au secteur sans jouer une valeur unique, un tracker CAC 40 logé dans un PEA reste la voie la plus simple, mais Stellantis y pèse si peu que le pari sur son redressement s’y dilue presque entièrement.
Historique de Stellantis et chiffres clés
Stellantis est née le 16 janvier 2021 de la fusion entre le français PSA et l’italo-américain Fiat Chrysler. Juridiquement, c’est FCA qui a absorbé PSA ; comptablement, PSA est l’acquéreur. Quatorze marques y cohabitent, de Peugeot à Jeep en passant par Fiat, Citroën, Opel, Alfa Romeo, Ram, Chrysler et Maserati.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Cours de référence | 4,284 € (clôture du 28/10/2026) |
| Capitalisation boursière | environ 12,4 Mds € |
| Extrêmes sur 52 semaines | 3,505 € et 10,494 € |
| Nombre d’actions | environ 2,90 milliards |
| Chiffre d’affaires sur douze mois glissants | 161,3 Mds € |
| Résultat net sur neuf mois 2026 | +217 M€ |
| Flux de trésorerie industriel sur neuf mois 2026 | -4,9 Mds € |
| Valeur comptable par action, hors hybrides | environ 19,4 € |
| Liquidité industrielle | 42,7 Mds € |
| Effectif | environ 258 700 collaborateurs |
Stellantis face à ses concurrents
Le secteur automobile mondial traverse la même transition, mais tous les constructeurs ne l’abordent pas avec les mêmes marges ni les mêmes valorisations.
| Constructeur | Chiffre d’affaires 2025 | Capitalisation | Positionnement |
|---|---|---|---|
| Stellantis | 153,5 Mds € | 12,4 Mds € | 🇫🇷🇮🇹 Multi-marques, Europe, États-Unis et Brésil |
| Volkswagen | 321,9 Mds € | 34,3 Mds € | 🇩🇪 Leader européen, du populaire au premium |
| Toyota | 50 685 Mds ¥ | 231,9 Mds $ | 🇯🇵 Échelle mondiale, domination de l’hybride |
| General Motors | 185,0 Mds $ | 70,0 Mds $ | 🇺🇸 Pick-up, SUV et financement aux États-Unis |
| Ford | 187,3 Mds $ | 46,7 Mds $ | 🇺🇸 Pick-up, SUV et utilitaires |
| Renault | 57,9 Mds € | 7,5 Mds € | 🇫🇷 Généraliste européen, Dacia |
Les parts de marché de 2025 résument la situation. Numéro deux en Europe avec 15,3 % des immatriculations de voitures neuves, Stellantis reste loin de Volkswagen (27,6 %) et a perdu 1,1 point en un an. Aux États-Unis, son marché le plus rentable, il ne pèse que 7,6 %, contre 17,2 % pour General Motors. Au Brésil, en revanche, il domine avec 29,3 % du marché.
La comparaison est cruelle sur un point : Stellantis vaut à peine plus d’un tiers de Volkswagen pour la moitié de son chiffre d’affaires, et sa rentabilité actuelle le justifie. Toute la question est de savoir si cette décote restera méritée dans deux ans.
Restent des atouts que la crise n’a pas effacés : la première place européenne sur les utilitaires (26,9 % de part de marché), le leadership en Amérique du Sud et des zones très rentables au Moyen-Orient et en Afrique.
Sources : communiqué de résultats et rapport intermédiaire du troisième trimestre 2026 (28 octobre 2026, déposés auprès de la SEC), rapport annuel 2025 (20-F du 26 février 2026), consensus FactSet relayé par Boursorama au 27 octobre 2026, prévisions MarketScreener au 29 octobre 2026, compositions des ETF Amundi au 27 octobre 2026, compositions d’indices Euronext, cours de clôture du 28 octobre 2026. Les comptes trimestriels ne sont pas audités.
Questions fréquentes sur l’action Stellantis
Pourquoi l’action Stellantis s’est-elle effondrée ?
Pour trois raisons enchaînées. Une crise de stocks aux États-Unis en 2024, qui a fait chuter les ventes et les marges. Le départ de Carlos Tavares en décembre 2024, qui a ouvert une période d’incertitude. Et surtout le « reset » du 6 février 2026 : environ 22 Mds € de charges sur le second semestre 2025 et la suspension du dividende. La perte annuelle atteint 22,3 Mds €, et le titre perd 25,24 % en une séance. Il a touché son plus bas historique, 3,505 €, le 23 octobre 2026.
L’action Stellantis est-elle éligible au PEA ?
Oui. Bien que son siège social soit à Hoofddorp, aux Pays-Bas, Stellantis est une société de l’Union européenne, ce qui la rend éligible au plan d’épargne en actions. C’est l’enveloppe la plus adaptée pour ce dossier : après cinq ans, la plus-value échappe à l’impôt sur le revenu et ne supporte que les prélèvements sociaux, contre une flat tax de 31,4 % en compte-titres. Le titre est aussi négociable au SRD.
Le dividende Stellantis est-il maintenu ?
Non, il est suspendu depuis le « reset » de février 2026. Le dernier versement remonte à avril 2025, pour 0,68 € par action. La direction n’a fixé aucune date de retour : il suppose un flux de trésorerie industriel redevenu positif, objectif affiché pour 2027. Les analystes interrogés par FactSet estiment un premier dividende de 0,17 € en 2027, sans aucune décision à ce stade.
Quel est l’objectif de cours des analystes ?
Au 27 octobre 2026, l’objectif médian des 26 bureaux suivis par FactSet est de 5,29 €, soit environ 23 % de potentiel par rapport à la clôture du 28 octobre. La recommandation dominante est de conserver, et la fourchette va de 3,30 € (HSBC) à 10,00 €. Cet objectif médian a reculé de près de 20 % en trois mois.
Que valent les résultats du troisième trimestre 2026 ?
Ils montrent un compte de résultat qui se redresse : perte nette réduite à 453 M€ contre 4,5 Mds € un an plus tôt, résultat opérationnel ajusté de 256 M€ et retour de l’Amérique du Nord dans le vert. Mais le flux de trésorerie industriel reste très négatif, à -4,0 Mds € sur le trimestre, et l’Europe perd de l’argent. Le titre a tout de même bondi de 15,39 % le jour de la publication, porté par la confirmation des objectifs et des économies.
Est-ce le bon moment pour acheter des actions Stellantis ?
La valorisation est très basse, à environ 0,22 fois l’actif net, et le titre reste proche de son plus bas historique. Mais le redressement n’est pas prouvé là où il compte : dans la trésorerie. Un investisseur offensif peut construire une position progressivement dans un PEA ; attendre les résultats annuels de fin février 2027, qui diront si le cash est revenu au quatrième trimestre, se défend tout autant.
Stellantis peut-elle faire faillite ?
Rien dans les comptes ne va dans ce sens à court terme. Le groupe dispose de 42,7 Mds € de liquidité industrielle, soit 26 % de son chiffre d’affaires annuel, et d’une trésorerie nette industrielle positive de 5,4 Mds €. Mais il brûle du cash depuis janvier et a dû lever 5 Mds € d’obligations hybrides à plus de 6 % : le risque porte sur le coût et la durée du redressement, pas sur une faillite imminente.
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