Fiscalité de l’Assurance Vie en 2026 : le Guide Complet

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Pas d’impôt tant que vous ne retirez rien, et jamais d’impôt sur le capital que vous avez versé : voilà les deux règles qui gouvernent toute la fiscalité de l’assurance vie. Le reste (taux, abattements, seuils, transmission) dépend de trois dates : l’âge de votre contrat, la date de vos versements et votre âge au moment de ces versements. Ce guide déroule chaque cas avec les taux en vigueur, une formule de calcul et des exemples chiffrés. Toutes les règles ont été vérifiées en août 2026 sur les sources officielles : impots.gouv.fr, Service-Public et le BOFiP.

La fiscalité de l’Assurance Vie en résumé

Les six règles qui résument tout :

  • Seuls les gains sont taxés, uniquement lors d’un retrait (rachat) ou au décès : le capital versé ne subit jamais l’impôt,
  • Privilège 2026 : l’assurance vie conserve ses prélèvements sociaux à 17,2 % et sa flat tax à 30 % maximum, alors que les autres placements passent à 18,6 % et 31,4 %,
  • Avant 8 ans (versements depuis le 27/09/2017) : flat tax de 30 % sur les gains retirés, ou option pour le barème de l’impôt sur le revenu,
  • Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple), puis 24,7 % jusqu’à 150 000 € de primes versées, tous contrats confondus,
  • Au décès : 152 500 € transmis sans taxe par bénéficiaire (versements avant 70 ans), abattement global de 30 500 € après 70 ans, conjoint et partenaire de PACS totalement exonérés,
  • Exonération totale possible en cas de licenciement, retraite anticipée, invalidité ou liquidation judiciaire, même pour un simple rachat partiel.

L’essentiel en un tableau : la fiscalité avant et après 8 ans

Le tableau ci-dessous couvre le cas de l’immense majorité des épargnants : des gains issus de versements effectués depuis le 27 septembre 2017, retirés lors d’un rachat partiel ou total. Les régimes plus anciens sont détaillés plus bas.

SituationImpôt sur le revenuPrélèvements sociauxTotal
Avant 8 ans12,8 %17,2 %30 %
Après 8 ans, gains dans l’abattement (4 600 € / 9 200 €)0 %17,2 %17,2 %
Après 8 ans, au-delà de l’abattement (primes ≤ 150 000 €)7,5 %17,2 %24,7 %
Après 8 ans, au-delà de l’abattement (fraction des primes > 150 000 €)12,8 %17,2 %30 %
L’imposition des gains lors d’un rachat, versements depuis le 27/09/2017 (sources : Service-Public F22414 et impots.gouv.fr, vérifiées en août 2026)

Trois clés de lecture. L’abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple soumis à imposition commune) porte sur les gains compris dans vos retraits de l’année, pas sur les montants retirés. Le seuil de 150 000 € s’apprécie sur les primes versées, tous vos contrats confondus, et seule la fraction des gains liée aux primes excédentaires repasse à 12,8 % : il n’y a aucun basculement global. Enfin, dans tous les cas, l’option pour le barème progressif reste ouverte si elle vous est plus favorable, on y consacre une section entière.

Ce qui change en 2026 : l’assurance vie échappe à la hausse de la CSG

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a augmenté la CSG de 1,4 point sur les revenus du capital. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le taux général des prélèvements sociaux atteint donc 18,6 %, et la flat tax 31,4 % : c’est ce que paient désormais un compte-titres, un livret bancaire fiscalisé ou des dividendes.

L’assurance vie fait exception. Les produits des contrats comportant une valeur de rachat, c’est-à-dire la quasi-totalité des contrats d’épargne, restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %, et leur flat tax plafonne à 30 % (source : impots.gouv.fr, page « L’assurance-vie et le PEA », mise à jour du 8 avril 2026). Seuls deux contrats très spécifiques basculent au nouveau taux : la rente-survie et l’épargne handicap.

Pour mémoire, ces 17,2 % se décomposent en CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %) et prélèvement de solidarité (7,5 %). À gains identiques, un contrat d’assurance vie paie donc 1,4 point de moins qu’un compte-titres avant même de compter l’abattement des 8 ans : un argument fiscal que l’enveloppe n’avait jamais eu.

Quand l’assurance vie est-elle imposée ?

Le fait générateur de l’impôt, c’est la sortie d’argent. Trois événements seulement déclenchent une taxation : un rachat partiel (vous retirez une partie du contrat), un rachat total (vous le clôturez) et le dénouement par décès. Tant que votre épargne reste dans le contrat, elle capitalise sans aucun frottement fiscal : vous pouvez vendre un support, en acheter un autre, réaliser des arbitrages entre fonds euros et ETF sans jamais déclencher d’impôt. C’est l’un des grands avantages de l’enveloppe sur le compte-titres.

Il existe même une façon de sortir de l’argent sans rien déclencher : l’avance. L’assureur vous avance une somme garantie par la valeur de votre contrat, que vous remboursez plus tard avec intérêts. Comme il ne s’agit pas d’un rachat, aucune imposition n’intervient : utile pour un besoin ponctuel quand le contrat approche de ses 8 ans et qu’un rachat serait fiscalement prématuré.

Seuls les gains sont taxés, jamais le capital

Deuxième pilier : l’assiette. Vous avez versé 15 000 € et votre contrat affiche 2 500 € de plus-value ? Seuls ces 2 500 € sont susceptibles d’être imposés, et encore, uniquement pour la part comprise dans vos retraits. Le capital versé ressort toujours net d’impôt : ce n’est pas un revenu, c’est votre argent.

Fonds euros ou unités de compte : le moment des prélèvements sociaux

Une subtilité que peu d’épargnants connaissent : les prélèvements sociaux ne sont pas ponctionnés au même moment selon le support. Sur le fonds euros, les 17,2 % sont prélevés par l’assureur chaque année, dès l’inscription des intérêts en compte : c’est la différence entre le rendement brut annoncé et le rendement net que détaille notre page sur le rendement de l’assurance vie. Sur les unités de compte, rien n’est prélevé tant que vous ne rachetez pas : les prélèvements sociaux n’interviennent qu’au rachat ou au dénouement, sur les gains qui n’y ont pas encore été soumis. Fiscalement, les UC capitalisent donc à plein, ce qui amplifie les intérêts composés sur longue durée.

Fonds euros : les 17,2 % sont retenus chaque année par l’assureur. Unités de compte : rien avant le rachat, ce qui laisse les gains capitaliser en totalité.

Comment calculer la part imposable d’un rachat ?

C’est le calcul le plus utile de la page, et il n’a rien de secret : il figure noir sur blanc au BOFiP (référence BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50). Lors d’un rachat partiel, l’administration considère que vous retirez proportionnellement du capital et des gains. La part imposable se calcule ainsi :

Gains imposables = montant du rachat × (valeur du contrat − primes versées) ÷ valeur du contrat au jour du rachat

Un exemple concret : votre contrat vaut 100 000 €, vous y avez versé 80 000 €, et vous rachetez 20 000 €. La part imposable est de 20 000 × (100 000 − 80 000) ÷ 100 000 = 4 000 €. Les 16 000 € restants sont du capital, restitué sans impôt. Précision utile si vous avez déjà effectué des rachats : les « primes versées » s’entendent des primes non encore remboursées lors des rachats précédents.

Le même retrait, avant et après 8 ans

Reprenons ces 20 000 € retirés, dont 4 000 € de gains, pour mesurer ce que changent les 8 ans (simulation pédagogique, hors option barème) :

  • Contrat de moins de 8 ans : flat tax de 30 % sur 4 000 €, soit 512 € d’impôt sur le revenu (12,8 %) et 688 € de prélèvements sociaux (17,2 %). Vous touchez 18 800 € nets,
  • Contrat de plus de 8 ans (personne seule, abattement disponible) : les 4 000 € de gains passent sous l’abattement de 4 600 €, donc zéro impôt sur le revenu. Restent les prélèvements sociaux de 688 €. Vous touchez 19 312 € nets.
Graphique comparant un rachat de 20 000 € dont 4 000 € de gains en assurance vie : 18 800 € nets avant 8 ans contre 19 312 € nets après 8 ans grâce à l'abattement
Le même retrait, deux fiscalités : après 8 ans, l’abattement de 4 600 € efface l’impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux de 688 € subsistent. Simulation pédagogique, versements postérieurs au 27/09/2017.

Écart : 512 € sur un seul retrait, uniquement grâce à l’ancienneté du contrat. En pratique, l’assureur retient un acompte lors du retrait et la régularisation se fait l’année suivante via votre déclaration : le mécanisme exact est détaillé dans la section déclaration.

PFU, PFL, PFNL ou barème : qui fait quoi ?

Ces trois sigles concentrent l’essentiel de la confusion ambiante, à tort : chacun désigne un mécanisme différent, auquel s’ajoute l’alternative du barème.

  • Le PFU (prélèvement forfaitaire unique, la flat tax) : le régime par défaut des versements effectués depuis le 27/09/2017. Taux d’IR de 12,8 % avant 8 ans, 7,5 % après (jusqu’à 150 000 € de primes),
  • Le PFNL (prélèvement forfaitaire non libératoire) : ce n’est pas un impôt de plus, c’est un acompte, retenu à la source lors du retrait. Il s’impute sur votre impôt final et l’excédent vous est restitué,
  • Le PFL (prélèvement forfaitaire libératoire) : le régime historique, réservé aux gains issus de primes versées avant le 27/09/2017. Sur option : 35 % avant 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, 7,5 % après 8 ans. Il est définitif, sans régularisation,
  • Le barème progressif : l’alternative toujours ouverte. Vos gains rejoignent vos autres revenus et sont taxés à votre tranche marginale d’imposition (TMI).

Quelle option choisir selon votre TMI ?

Le bon comparatif n’est pas « 30 % contre ma TMI » : les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus dans tous les cas. Il faut comparer la composante IR (12,8 % ou 7,5 %) à votre TMI, en gardant en tête un bonus du barème : 6,8 points de CSG deviennent déductibles de votre revenu imposable l’année suivante.

Votre TMIAvant 8 ans (IR : 12,8 %)Après 8 ans (IR : 7,5 % après abattement)
0 %Barème (0 % d’IR)Barème (0 % d’IR)
11 %Barème, le plus souventPFU à 7,5 %
30 %, 41 % ou 45 %PFU à 12,8 %PFU à 7,5 %
PFU ou barème : l’option la plus favorable selon votre tranche marginale d’imposition

Un exemple pour fixer les idées : 3 000 € de gains retirés d’un contrat de 5 ans par un contribuable en TMI à 11 %. Au PFU, l’impôt sur le revenu coûte 384 € (12,8 %). Au barème, 330 € (11 %), sans compter le bonus de la CSG déductible. Le barème l’emporte, mais l’écart reste modeste : c’est au-delà de quelques milliers d’euros de gains que le calcul devient vraiment payant.

Attention au caractère global de l’option : cocher le barème vaut pour l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année (dividendes et intérêts compris), pas seulement pour votre assurance vie. Un calcul d’ensemble s’impose avant de choisir.

Fiscalité au décès : avant et après 70 ans

Au décès de l’assuré, les capitaux versés aux bénéficiaires échappent au circuit successoral classique et suivent un régime propre. Tout dépend de l’âge auquel les versements ont été effectués : c’est la date des primes qui compte, pas celle du décès.

Versements avant 70 ansVersements après 70 ans
Base taxableCapitaux transmis (capital + gains)Primes versées uniquement
Abattement152 500 € par bénéficiaire30 500 € global, partagé entre tous les bénéficiaires
Taxation au-delà20 % jusqu’à 700 000 € taxables, puis 31,25 %Droits de succession selon le lien de parenté
Sort des gainsInclus dans la base taxableExonérés de droits de succession
La transmission de l’assurance vie selon l’âge au moment des versements (sources : impots.gouv.fr et BOFiP, vérifiées en août 2026)

Une précision qui lève une confusion fréquente : les 700 000 € taxés à 20 % s’entendent après l’abattement. Un bénéficiaire peut donc recevoir jusqu’à 852 500 € bruts (152 500 € exonérés + 700 000 € à 20 %) avant d’atteindre la tranche à 31,25 %. Autre règle méconnue : le conjoint survivant et le partenaire de PACS ne paient rien, quel que soit l’âge des versements et quel que soit le montant.

Un exemple : un assuré a versé 400 000 € avant ses 70 ans et désigne ses deux enfants. Chacun reçoit 200 000 € : après l’abattement de 152 500 €, il reste 47 500 € taxables à 20 %, soit 9 500 € de prélèvement par enfant. Les mêmes 400 000 € transmis par une succession classique auraient coûté sensiblement plus cher, et le calcul tourne encore plus à l’avantage de l’assurance vie pour un bénéficiaire sans lien de parenté, taxé à 60 % dans le droit commun. À noter enfin que la règle des 70 ans ne s’applique qu’aux contrats souscrits depuis le 20 novembre 1991.

L’exemple du texte en image : après l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire, le prélèvement de 20 % ne porte que sur 47 500 €, soit un taux effectif inférieur à 5 % (article 990 I du CGI, versements avant 70 ans).

Deux réserves pour être complet. Les prélèvements sociaux restent dus au dénouement sur les gains qui n’y ont pas encore été soumis (typiquement ceux des unités de compte), prélevés par l’assureur avant le versement aux bénéficiaires. Et la clause bénéficiaire reste le vrai levier de cette fiscalité : une clause bien rédigée et à jour vaut tous les calculs d’optimisation. Notre guide complet de l’assurance vie lui consacre une section dédiée.

Les cas d’exonération totale : les accidents de la vie

La loi prévoit une sortie sans impôt sur le revenu, quelle que soit l’ancienneté du contrat, lorsque le rachat fait suite à un accident de la vie touchant l’assuré ou son conjoint/partenaire de PACS :

  • le licenciement (suivi d’une inscription comme demandeur d’emploi),
  • la mise à la retraite anticipée,
  • l’invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie de la Sécurité sociale,
  • la liquidation judiciaire pour les indépendants.

Trois précisions vérifiées sur les textes officiels, car on lit tout et son contraire sur ces exonérations. Un rachat partiel suffit : les textes visent « le rachat ou le dénouement », il n’est pas nécessaire de clôturer le contrat. L’exonération s’applique aux rachats effectués jusqu’à la fin de l’année qui suit l’événement. Et le cas de l’invalidité est le plus favorable de tous : il exonère non seulement l’impôt sur le revenu, mais aussi les prélèvements sociaux, ce qu’aucun autre cas ne permet (source : BOFiP et impots.gouv.fr).

La sortie en rente viagère : quelle imposition ?

Convertir son contrat en rente viagère change complètement la logique fiscale : la rente est imposée comme un revenu, mais seulement sur une fraction de son montant, figée une fois pour toutes selon votre âge au premier versement de la rente. Ce sont des fractions imposables, pas des abattements :

Âge au premier versement de la renteFraction imposable
Moins de 50 ans70 %
De 50 à 59 ans50 %
De 60 à 69 ans40 %
70 ans et plus30 %
La fraction imposable d’une rente viagère selon l’âge au premier versement

Concrètement, une rente de 10 000 € par an déclenchée à 65 ans n’est imposée que sur 4 000 €, au barème, plus les prélèvements sociaux sur cette même fraction. Déclencher sa rente après 70 ans réduit la part taxable à 30 %, mais le calcul global (montant de rente servi, réversion, aliénation du capital) mérite d’être posé avant de choisir cette sortie, qui est irréversible.

Contrats anciens : les dates qui comptent encore

Pour les gains issus de primes versées avant le 27 septembre 2017, l’ancien régime survit : imposition au barème par défaut, ou PFL sur option (7,5 % au-delà de 8 ans, seul cas encore possible en pratique : tout contrat concerné a aujourd’hui largement dépassé les 8 ans). L’abattement de 4 600/9 200 € s’applique de la même façon.

Plus anciens encore : les contrats souscrits avant 1983 et certaines primes versées avant le 26 septembre 1997 bénéficient d’exonérations totales ou partielles d’impôt sur le revenu. Si vous détenez un contrat de cette génération, ne le clôturez jamais sans vérifier son régime exact auprès de votre assureur : ces enveloppes sont fiscalement irremplaçables.

Comment déclarer un rachat : la checklist

Bonne nouvelle : l’essentiel est automatisé. Voici la mécanique, étape par étape :

  • Au moment du rachat, l’assureur prélève l’acompte (PFNL) : 12,8 % des gains si le contrat a moins de 8 ans, 7,5 % au-delà. Il vous demande aussi, pour les vieux contrats, si vous optez pour le PFL,
  • En début d’année suivante, l’assureur vous adresse l’imprimé fiscal unique (IFU), qui récapitule gains et prélèvements. Les montants sont normalement préremplis dans votre déclaration : vérifiez-les face à l’IFU, les cases exactes (2CH pour les produits après 8 ans, notamment) y sont indiquées,
  • Au moment de déclarer, choisissez : ne rien faire (le PFU s’applique) ou cocher la case 2OP pour l’option barème, qui vaut alors pour tous vos revenus de capitaux mobiliers de l’année,
  • La régularisation se fait automatiquement : l’acompte déjà prélevé s’impute sur l’impôt dû, et l’excédent vous est remboursé, ce qui est systématique quand l’abattement des 8 ans couvre vos gains,
  • Pour éviter l’acompte l’année prochaine : si votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année ne dépasse pas 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple), vous pouvez demander une dispense de PFNL à votre assureur avant le 30 novembre.

Optimiser ses retraits : les bons réflexes

La fiscalité de l’assurance vie ne s’optimise pas avec des montages : elle s’optimise avec un calendrier. Les leviers qui font vraiment la différence :

  • Prendre date tôt : les 8 ans se comptent depuis l’ouverture du contrat, pas depuis vos versements. Ouvrir avec une petite somme aujourd’hui, c’est un abattement annuel qui s’active dans 8 ans (le même réflexe vaut pour le PEA),
  • Étaler ses rachats sur deux années fiscales : l’abattement de 4 600 € est annuel et perdu s’il n’est pas utilisé. Pour sortir 9 000 € de gains, un rachat unique laisse 4 400 € taxables à 7,5 % (330 € d’impôt) ; le même retrait scindé entre décembre et janvier utilise deux abattements et ramène l’impôt à zéro,
  • Purger ses gains régulièrement après 8 ans : racheter chaque année jusqu’à hauteur de l’abattement puis reverser, c’est transformer des gains taxables en capital non taxable, gratuitement,
  • Préférer le rachat partiel au rachat total : le rachat total clôture le contrat et efface son ancienneté. Besoin de récupérer presque tout ? Laissez vivre le contrat avec quelques centaines d’euros dessus, l’ancienneté survivra,
  • Verser avant 70 ans quand la transmission est l’objectif : chaque bénéficiaire désigné, c’est 152 500 € de franchise,
  • Choisir un contrat à frais bas : l’économie fiscale se dissout vite dans 1 % de frais de gestion annuels. Notre comparatif des meilleures assurances vie repère les contrats qui tiennent cette exigence.
L’abattement de 4 600 € se renouvelle chaque année civile : scinder un retrait entre décembre et janvier permet d’en utiliser deux. Les prélèvements sociaux restent dus dans les deux cas.

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Cas particuliers : non-résidents et IFI

Non-résidents fiscaux

Un non-résident qui rachète son contrat français échappe aux prélèvements sociaux (CSG et CRDS ne visent que les résidents), mais subit un prélèvement forfaitaire spécifique dont le taux peut être réduit par la convention fiscale entre la France et son pays de résidence. Le sujet mérite un échange avec l’assureur avant tout rachat : les conventions varient fortement d’un pays à l’autre, tout comme le traitement de la transmission.

L’IFI et l’assurance vie

L’impôt sur la fortune immobilière ne taxe pas l’assurance vie en tant que telle. En revanche, la fraction de la valeur de rachat représentative d’actifs immobiliers imposables entre dans l’assiette de l’IFI : parts de SCPI, d’OPCI ou de SCI logées dans le contrat. C’est bien la valeur de ces supports qui compte, pas leurs plus-values : votre assureur communique chaque année la fraction taxable à reporter. Un contrat sans supports immobiliers n’a, lui, aucun impact sur l’IFI.

Les erreurs qu’on lit partout (et les règles exactes)

Certaines idées reçues reviennent sans cesse sur ce sujet, jusque dans des publications par ailleurs sérieuses. Les plus tenaces, et ce que disent réellement les textes :

Ce qu’on lit souventLa règle exacte
« Les prélèvements sociaux passent à 18,6 % en 2026 »L’assurance vie rachetable reste à 17,2 % ; seuls rente-survie et épargne handicap passent à 18,6 %
« Au-delà de 150 000 €, tout est taxé à 12,8 % »Seule la fraction des gains liée aux primes excédentaires passe à 12,8 %
« L’abattement de 4 600 € réduit aussi les prélèvements sociaux »Il ne joue que sur l’impôt sur le revenu ; les 17,2 % restent dus au premier euro
« Après 70 ans, les gains sont taxés aux droits de succession »Seules les primes au-delà de 30 500 € le sont ; les gains sont exonérés de droits
« Il faut clôturer le contrat pour l’exonération licenciement »Un rachat partiel suffit : les textes visent « le rachat ou le dénouement »
« L’argent est bloqué 8 ans »Un rachat est possible à tout moment ; les 8 ans ne font qu’adoucir la fiscalité
Les idées reçues les plus fréquentes sur la fiscalité de l’assurance vie, face aux règles officielles

C’est aussi pour cela que ce guide cite ses sources tableau par tableau : en matière fiscale, une règle sans référence ne vaut rien. En cas de doute sur votre situation précise, la fiche F22414 de Service-Public et votre assureur restent les deux réflexes.

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FAQ : vos questions sur la fiscalité de l’assurance vie

Est-ce que l’argent d’une assurance vie est imposable ?

Le capital que vous versez n’est jamais imposé : il vous revient net à chaque retrait. Seuls les gains (intérêts et plus-values) sont taxables, et uniquement lors d’un rachat ou au décès. Tant que l’argent reste dans le contrat, aucun impôt sur le revenu n’est dû, même en cas d’arbitrages entre supports.

Quels sont les impôts à payer sur une assurance vie ?

Deux prélèvements s’appliquent aux gains retirés : les prélèvements sociaux de 17,2 % (taux maintenu en 2026 pour l’assurance vie) et l’impôt sur le revenu, soit 12,8 % avant 8 ans, soit 7,5 % après 8 ans au-delà de l’abattement (jusqu’à 150 000 € de primes). Le barème progressif reste possible sur option si votre tranche d’imposition est basse.

Quels sont les avantages fiscaux d’une assurance vie de plus de 8 ans ?

Trois avantages : un abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple) qui rend la plupart des retraits sans impôt sur le revenu, un taux réduit de 7,5 % au-delà de l’abattement jusqu’à 150 000 € de primes versées, et la possibilité de renouveler l’opération chaque année. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas.

Comment retirer son argent sans payer d’impôt ?

Attendez les 8 ans du contrat, puis calibrez vos rachats pour que les gains compris dedans restent sous l’abattement annuel (4 600 € seul, 9 200 € en couple). En étalant un gros retrait sur deux années fiscales, vous utilisez deux abattements. L’impôt sur le revenu tombe à zéro ; seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains restent dus.

Quelle est la fiscalité de l’assurance vie après 70 ans ?

Pour les rachats, rien ne change : ce sont les 8 ans du contrat qui comptent, pas votre âge. Pour la transmission, les versements effectués après 70 ans ne bénéficient que d’un abattement global de 30 500 € (partagé entre bénéficiaires), les primes au-delà étant soumises aux droits de succession. Les gains générés par ces versements restent, eux, exonérés de droits.

Le bénéficiaire d’une assurance vie paie-t-il des impôts ?

Le conjoint ou partenaire de PACS ne paie jamais rien. Les autres bénéficiaires reçoivent jusqu’à 152 500 € chacun sans taxe pour les versements effectués avant les 70 ans de l’assuré ; au-delà, un prélèvement de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 € taxables, puis 31,25 %. L’assureur prélève aussi les prélèvements sociaux sur les gains qui n’y ont pas encore été soumis.

L’assurance vie est-elle touchée par la hausse d’impôts de 2026 ?

Non. La hausse de la CSG du 1ᵉʳ janvier 2026 a porté les prélèvements sociaux à 18,6 % et la flat tax à 31,4 % sur la plupart des placements, mais les contrats d’assurance vie rachetables conservent leurs taux : 17,2 % de prélèvements sociaux et 30 % de flat tax maximum. L’écart avec le compte-titres s’est donc creusé en faveur de l’assurance vie.

Faut-il déclarer soi-même un rachat d’assurance vie ?

En principe non : l’assureur prélève un acompte au moment du rachat, transmet un imprimé fiscal unique (IFU) et les montants arrivent préremplis dans votre déclaration. Votre seul vrai choix : laisser la flat tax s’appliquer ou cocher la case 2OP pour le barème progressif. Vérifiez simplement les montants préremplis face à l’IFU avant de valider.

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