Comment gérer son budget en 2026 : la méthode pas à pas

Gérer son budget, ce n’est pas se serrer la ceinture : c’est savoir à l’avance où va chaque euro, pour que les fins de mois cessent d’être une surprise. Ce guide donne la méthode complète, avec les chiffres à jour en 2026 et un tableur gratuit à télécharger que vous remplissez en vingt minutes.
Vous y trouverez la règle 50/30/20 chiffrée sur votre salaire, les deux autres méthodes qui marchent quand celle-là ne convient pas, le montant réel de votre fonds d’urgence selon votre situation, et les cas que personne ne traite : le budget à deux et les revenus irréguliers.
Comment gérer son budget : en bref
La méthode tient en cinq étapes : faire l’état des lieux de ses comptes, choisir une règle de répartition, la chiffrer dans un tableur, automatiser l’épargne, puis suivre et ajuster une fois par semaine.
La répartition la plus connue est la règle 50/30/20 : 50 % des revenus nets pour les besoins, 30 % pour les envies, 20 % pour l’épargne. Sur un salaire médian d’environ 2 400 € net, cela donne 1 200 € / 720 € / 480 €.
Le premier objectif d’épargne est le fonds d’urgence : 3 à 6 mois de dépenses selon votre situation professionnelle, sur un livret disponible. Ensuite seulement viennent les projets et les placements.
Pour passer à l’action tout de suite : téléchargez notre tableur de budget mensuel (fichier Excel gratuit, sans inscription), remplissez les cases jaunes, tout le reste se calcule automatiquement.
Pourquoi tenir un budget change vraiment quelque chose
Un budget ne sert pas à dépenser moins, il sert à dépenser en connaissance de cause. La différence est de taille : la privation s’abandonne au bout de six semaines, l’arbitrage assumé tient des années.
Le contexte donne la mesure de l’enjeu. En 2025, 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés en France, en hausse de 9,8 % sur un an selon la Banque de France. Dans l’immense majorité des cas, le point de bascule n’est pas une catastrophe unique mais une accumulation de petits décalages jamais mesurés : un découvert qui devient permanent, un crédit renouvelable pour combler, des agios qui s’ajoutent.
À l’autre bout, les Français mettent de côté 17,9 % de leur revenu disponible (taux d’épargne du quatrième trimestre 2025, Insee). Cette moyenne masque des situations extrêmement contrastées, et c’est précisément ce que révèle un budget : votre position réelle, pas la moyenne nationale.
Le bénéfice le moins raconté : la charge mentale en moins
Les guides parlent de chiffres, rarement de ce qui change au quotidien. Savoir que le loyer et les factures sont couverts, que l’épargne est partie automatiquement, que le solde affiché est réellement disponible : cela supprime une inquiétude de fond que beaucoup portent sans la nommer. Un budget bien tenu, c’est d’abord dormir tranquille.
💡 Avant de commencer, un repère utile : notre calculateur de taux d’endettement vous dit en trente secondes si vos charges de crédit sont dans la norme.
Étape 1 : faire l’état des lieux de vos finances
Impossible de piloter à l’aveugle. Cette première étape prend une heure et se fait une seule fois, à partir de vos relevés bancaires des trois derniers mois. Un seul mois ne suffit pas, il gomme les dépenses trimestrielles comme les assurances ou les impôts locaux.
Listez vos revenus nets réels
Additionnez tout ce qui entre : salaire net après prélèvement à la source, revenus du conjoint si vous budgétez à deux, aides (allocations familiales, APL), pensions, revenus locatifs, activité annexe. Retenez le montant réellement viré sur le compte, pas le brut de la fiche de paie.
Classez vos dépenses en trois catégories
- Les besoins : ce qui vous tomberait dessus même en cas de coup dur. Loyer ou crédit, énergie, alimentation de base, transport pour aller travailler, assurances, santé, remboursement de crédits en cours.
- Les envies : ce qui rend la vie agréable et qui pourrait être réduit temporairement. Restaurants, sorties, abonnements de loisir, shopping, vacances.
- L’épargne : ce qui sort du compte courant pour ne pas être dépensé. Fonds d’urgence, projets, placements, remboursement anticipé de dettes.
Le classement n’est pas toujours évident, et c’est normal : une voiture est un besoin en zone rurale, souvent une envie en centre-ville bien desservi. Tranchez selon votre vie réelle, pas selon une norme.
Repérez les fuites
Les mêmes lignes reviennent presque toujours dans les relevés : des abonnements oubliés (streaming en double, salle de sport, service souscrit après un essai gratuit), des frais bancaires jamais renégociés, et des achats impulsifs qui, mis bout à bout, pèsent plus qu’on ne le croit. Surlignez-les : ce sera votre premier gisement.
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Étape 2 : choisir votre méthode de répartition
Trois méthodes dominent, et elles ne s’adressent pas aux mêmes profils. Le critère de choix n’est pas l’efficacité théorique mais votre capacité à la tenir dans six mois.
La règle 50/30/20, chiffrée sur votre salaire
La plus simple et la plus répandue. Elle vient du livre All Your Worth (2005), écrit par l’universitaire américaine Elizabeth Warren avec sa fille Amelia Warren Tyagi. Le principe : 50 % des revenus nets pour les besoins, 30 % pour les envies, 20 % pour l’épargne et le remboursement des dettes.

Appliquée à des revenus réels, elle donne :
| Revenu net mensuel | Besoins (50 %) | Envies (30 %) | Épargne (20 %) |
|---|---|---|---|
| 1 477,93 € (SMIC 2026) | 739 € | 443 € | 296 € |
| 1 800 € | 900 € | 540 € | 360 € |
| 2 400 € (salaire médian) | 1 200 € | 720 € | 480 € |
| 3 000 € | 1 500 € | 900 € | 600 € |
| 4 000 € | 2 000 € | 1 200 € | 800 € |
| 2 × 2 200 € (couple) | 2 200 € | 1 320 € | 880 € |
⚠️ Le principal reproche fait à cette règle est justifié : dans les grandes villes, le seul logement dépasse souvent 40 % du revenu, ce qui rend la cible de 50 % intenable. Dans ce cas, ne jetez pas la méthode, ajustez les curseurs : visez par exemple 60/25/15, en gardant l’épargne comme poste non négociable plutôt que comme variable d’ajustement.
La méthode des enveloppes, pour ceux qui dépensent par impulsion
Le principe est physique : en début de mois, vous répartissez votre budget de dépenses variables dans des enveloppes dédiées (courses, sorties, essence, vêtements). Quand une enveloppe est vide, on arrête ce poste jusqu’au mois suivant. Version moderne : les sous-comptes ou cagnottes proposés par la plupart des banques, qui font la même chose sans espèces.
Sa force est d’être contraignante avant l’achat, pas après, ce qui en fait la méthode la plus efficace contre les achats impulsifs. Sa limite est la discipline quotidienne qu’elle exige.
Le budget base zéro, pour les revenus irréguliers
Chaque euro reçoit une affectation jusqu’à ce que le solde théorique tombe à zéro : revenus moins besoins moins envies moins épargne égale zéro. Rien n’est laissé « au cas où », donc rien ne se dilue. C’est la méthode la plus exigeante, mais la seule vraiment adaptée quand les revenus varient d’un mois sur l’autre, puisqu’elle se refait à chaque nouvelle rentrée d’argent.
| Votre profil | Méthode conseillée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Vous débutez, revenus réguliers | 50/30/20 | Un cadre lisible, applicable en dix minutes |
| Vous dépensez par impulsion | Enveloppes | La limite est visible avant l’achat |
| Vos revenus varient chaque mois | Base zéro | Se recalcule à chaque encaissement |
| Votre logement dépasse 40 % du revenu | 50/30/20 ajustée (60/25/15) | Garde la logique sans l’objectif intenable |
| Vous budgétez à deux | 50/30/20 sur le total du foyer | Une seule grille commune évite les comptes d’apothicaire |
Étape 3 : chiffrer votre budget dans un tableur
Une méthode sans outil reste une intention. Il vous faut un endroit où les chiffres vivent et se recalculent tout seuls. Le bon choix dépend surtout de votre rapport aux chiffres.
Notre tableur de budget, gratuit et sans inscription
Nous avons construit un fichier Excel prêt à l’emploi, que vous pouvez télécharger ici : il fonctionne aussi bien dans Excel que dans Google Sheets ou LibreOffice. Il contient trois onglets :
- Mon budget : vous remplissez uniquement les cases jaunes (revenus, besoins, envies, épargne), les totaux, le reste à la fin du mois et votre répartition réelle se calculent automatiquement,
- Suivi sur 12 mois : vous reportez vos totaux chaque mois et vous voyez votre progression sur l’année,
- Mode d’emploi : la marche à suivre en cinq points et le rappel de la règle 50/30/20.
Sa particularité est de comparer en permanence votre répartition réelle à l’objectif 50/30/20. Beaucoup découvrent ainsi leur situation en pourcentages plutôt qu’en euros, et le constat est parfois brutal : beaucoup découvrent qu’ils consacrent 65 % de leurs revenus à leurs besoins et 2 % à leur épargne.
💡 Aucune inscription, aucune adresse e-mail demandée : le fichier se télécharge directement. Faites-en une copie avant de le remplir, vous garderez ainsi un modèle vierge pour repartir de zéro si besoin.
Tableur, application ou papier : lequel pour vous ?
| Votre profil | Outil conseillé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Vous voulez comprendre votre budget en profondeur | Tableur (Excel, Sheets) | Gratuit, personnalisable, vous forcez à regarder chaque ligne |
| Vous voulez le minimum d’effort au quotidien | Application de gestion | Synchronisation bancaire et catégorisation automatiques |
| Vous avez plusieurs banques | Application agrégatrice | Vision consolidée impossible à obtenir à la main |
| Vous débutez et le numérique vous rebute | Carnet papier | Le geste d’écrire ancre mieux la dépense qu’un tableau |
| Vous êtes indépendant | Tableur en base zéro | Souplesse indispensable quand les revenus varient |
Les applications de budget : ce qu’elles valent
Les applications font gagner du temps mais coûtent parfois cher, et leur qualité est inégale. En mars 2026, le magazine 60 Millions de Consommateurs a testé les principales : une seule a décroché la mention « Très bien », plusieurs des plus connues ne récoltant qu’un « Passable » sur la fiabilité de la catégorisation et la transparence des données.
- Les gratuites (Bankin’, Linxo, Pilote Budget) : suffisantes pour visualiser ses dépenses et recevoir des alertes, avec des fonctions avancées souvent payantes,
- Les payantes (Finzee autour de 5 € par mois, YNAB, Finary en version premium) : plus complètes sur la projection et le pilotage, à réserver à ceux qui s’en serviront vraiment chaque semaine,
- Celles de votre banque : gratuites et intégrées, mais limitées à vos comptes chez elle.
⚠️ Une application se connecte à vos comptes bancaires : vérifiez qu’elle est agréée par l’ACPR, qu’elle explique ce qu’elle fait de vos données, et méfiez-vous des services qui monétisent vos relevés. La gratuité a toujours un modèle économique derrière elle.
Étape 4 : automatiser l’épargne et bâtir votre fonds d’urgence
Voilà ce qui sépare un budget théorique d’un budget qui fonctionne. La règle est simple : l’épargne part en premier, pas avec ce qui reste.
Le virement automatique, le jour d’après la paie
Programmez un virement permanent vers votre livret, daté au lendemain de la réception de votre salaire. Vous vivez ensuite avec ce qui reste sur le compte courant. Le renversement est mental : l’épargne devient une charge fixe comme le loyer, au lieu d’être un espoir de fin de mois. Même modeste, il fonctionne : 50 € par mois font 600 € au bout d’un an, et surtout créent l’habitude que les intérêts composés feront fructifier ensuite.
Combien mettre dans votre fonds d’urgence ?
Les conseils qui circulent se contredisent : trois mois de salaire ici, six mois de dépenses là, 1 000 € ailleurs. La bonne réponse dépend de la stabilité de vos revenus et de vos charges fixes. Voici comment trancher :
| Votre situation | Fonds d’urgence visé | Sur 1 800 € de dépenses |
|---|---|---|
| CDI stable, ménage à deux revenus | 3 mois de dépenses | 5 400 € |
| CDI seul avec charges fixes lourdes | 4 à 5 mois de dépenses | 7 200 à 9 000 € |
| CDD, intérim, période d’essai | 6 mois de dépenses | 10 800 € |
| Indépendant, freelance | 6 mois de dépenses minimum | 10 800 € et plus |
| Étudiant sans charges de logement | 1 000 à 1 500 € suffisent | Objectif d’amorçage |
Une nuance déterminante : on raisonne en mois de dépenses, pas en mois de salaire. Si vous dépensez 1 800 € et gagnez 2 400 €, votre cible est calculée sur 1 800 €, ce qui représente un effort nettement plus atteignable.
Où le placer ?
Sur un livret réglementé, disponible immédiatement et sans fiscalité. Au 1er août 2026, le LEP rapporte 2,50 % si vos revenus vous y donnent droit, le Livret A et le LDDS 1,70 %. Ni assurance-vie, ni actions, ni compte à terme : parmi les placements sans risque, seuls les livrets sont mobilisables en 48 heures sans perte.
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💡 Tant que ce fonds n’est pas constitué, il passe avant tout le reste : avant les placements, avant les projets. C’est lui qui vous évitera de casser un investissement ou de recourir au crédit au premier imprévu.
Étape 5 : suivre et ajuster
Un budget n’est pas un document qu’on remplit en janvier et qu’on oublie. C’est un instrument de bord qui se relit régulièrement, faute de quoi il décrit une situation qui n’existe plus.
Le rendez-vous hebdomadaire de dix minutes
Bloquez un créneau récurrent, le dimanche soir par exemple, et faites trois choses : vérifiez le solde réel de vos comptes, reportez les dépenses de la semaine dans votre tableur ou votre application, et regardez ce qu’il reste dans chaque catégorie jusqu’à la fin du mois. Dix minutes suffisent, et c’est cette régularité qui empêche les dérapages de s’installer.
Analysez les écarts sans vous culpabiliser
Un mois qui dépasse le budget n’est pas un échec, c’est une information. Posez-vous une seule question : est-ce un accident ou une tendance ? Un anniversaire ou une réparation de voiture est un accident, on ajuste le mois suivant. Trois mois consécutifs au-dessus sur le même poste, c’est une tendance : le budget était irréaliste, il faut le corriger, pas s’acharner.
Le réglage anti-découvert
Deux gestes concrets pour ne plus jamais payer d’agios. Activez les alertes de solde proposées par votre banque, avec un seuil fixé bien au-dessus de zéro (200 € par exemple), pour être prévenu avant le problème. Et faites tomber vos prélèvements automatiques en début de mois, juste après la paie, plutôt qu’en fin de mois quand le compte est au plus bas.
Les erreurs qui font capoter un budget
Vouloir tout mesurer dès le premier mois
Le piège classique du débutant : créer vingt-cinq catégories, noter chaque café, abandonner au bout de trois semaines. Commencez avec six postes maximum et affinez plus tard si le besoin s’en fait sentir. Un budget approximatif que vous tenez vaut infiniment mieux qu’un budget parfait que vous abandonnez.
Oublier les dépenses annuelles
Impôts locaux, assurance habitation payée en une fois, révision de la voiture, cadeaux de fin d’année, rentrée scolaire : ces charges n’apparaissent pas dans un budget mensuel classique et font dérailler les mois où elles tombent. La parade tient en une ligne : additionnez ces dépenses annuelles, divisez par douze et provisionnez ce montant chaque mois sur un compte à part. Une charge de 1 200 € par an devient 100 € mensuels indolores.
Confondre solde du compte et argent disponible
Le solde affiché contient encore le loyer, les prélèvements à venir et l’épargne qui n’est pas partie. C’est la première cause de découvert chez des gens qui gagnent pourtant correctement leur vie. Le seul chiffre qui compte est le reste à vivre : le solde diminué des prélèvements attendus d’ici la fin du mois. Le tableur le calcule, et la plupart des applications affichent un solde prévisionnel.
Traiter l’épargne comme la variable d’ajustement
Si l’épargne est ce qui reste une fois tout dépensé, elle sera nulle la plupart des mois. C’est précisément ce que corrige le virement automatique en début de mois : l’épargne se prélève d’abord, pas en dernier. Un crédit à la consommation en cours change la priorité : remboursez-le d’abord, son taux dépasse toujours celui de votre livret. Rien n’interdit ensuite de ramener l’épargne à 30 € les mois difficiles, mais elle ne doit jamais disparaître complètement de la ligne budgétaire.
À quoi ressemble un budget mensuel français
Un repère manque cruellement dans les guides sur le sujet : à quoi ressemble concrètement un budget équilibré. Voici une répartition indicative pour une personne seule au salaire médian, environ 2 400 € net par mois.
| Poste | Montant indicatif | Part du budget |
|---|---|---|
| Logement (loyer ou crédit, charges) | 700 € | 29 % |
| Énergie, eau | 110 € | 5 % |
| Alimentation | 300 € | 13 % |
| Transport | 150 € | 6 % |
| Assurances, mutuelle | 120 € | 5 % |
| Téléphone, internet | 50 € | 2 % |
| Total besoins | 1 430 € | 60 % |
| Envies (sorties, loisirs, shopping) | 490 € | 20 % |
| Épargne | 480 € | 20 % |
Deux enseignements. D’abord, les besoins dépassent souvent les 50 % théoriques dès que le logement pèse lourd, ce que confirme toute simulation de prêt immobilier : à 60 %, on est dans une situation courante, pas anormale. Ensuite, l’épargne à 20 % reste atteignable à ce niveau de revenu, mais en comprimant les envies. C’est exactement l’arbitrage qu’un budget rend visible, et que l’absence de budget laisse se faire tout seul, presque toujours au détriment de l’épargne.
Gérer son budget à deux
Les guides budgétaires évitent soigneusement ce sujet, alors qu’il constitue la première source de tension financière dans les couples. Il en existe trois, et aucune n’est meilleure dans l’absolu.
Les trois organisations possibles
| Organisation | Fonctionnement | Convient à |
|---|---|---|
| Tout en commun | Un seul compte joint, tous les revenus dedans | Revenus proches, longue relation, vision fusionnelle |
| Trois comptes | Un compte joint pour les charges, un compte perso chacun | La formule la plus répandue et la plus souple |
| Chacun le sien | Comptes séparés, remboursements au fil de l’eau | Union récente, écart de revenus important, indépendance |
Le 50/50 est rarement le plus juste
Quand les revenus diffèrent, partager les charges en deux parts égales pèse mécaniquement plus lourd sur celui qui gagne le moins. La règle du prorata est plus équitable : chacun contribue à proportion de ses revenus. Si l’un gagne 2 400 € et l’autre 1 600 €, le premier couvre 60 % des charges communes, le second 40 %. Sur 1 500 € de charges mensuelles, cela fait 900 € et 600 € au lieu de 750 € chacun.
Le rendez-vous budget, à faire avant que ça coince
Une conversation de trente minutes tous les trimestres suffit à prévenir l’essentiel des conflits d’argent : où en est-on, qu’est-ce qui a dérapé, quels projets pour les six prochains mois. Le sujet doit être posé quand tout va bien, pas au moment d’un découvert : à ce stade, ce n’est plus une discussion budgétaire, c’est un reproche.
💡 Un principe qui évite beaucoup de disputes : chacun garde une somme mensuelle dont il n’a de comptes à rendre à personne, même modeste. L’autonomie sur une petite part protège l’entente sur le reste.
Budgéter avec des revenus irréguliers
Indépendants, freelances, saisonniers, commerciaux à commissions, intermittents : la méthode classique ne fonctionne pas quand le revenu du mois est inconnu. Quatre adaptations la rendent utilisable.
- Budgétez sur vos trois pires mois, pas sur la moyenne. Si vous tenez sur un mois creux, vous tenez toute l’année, et les bons mois deviennent du bonus plutôt qu’un dû.
- Raisonnez en pourcentage, jamais en montant fixe : épargner 20 % de chaque encaissement s’adapte automatiquement aux variations.
- Provisionnez impôts et cotisations dès l’encaissement, sur un compte séparé : notre simulateur d’impôts vous donne l’ordre de grandeur à mettre de côté. C’est le premier piège du statut d’indépendant : l’argent des charges n’a jamais été le vôtre.
- Visez six mois de fonds d’urgence plutôt que trois : votre risque de trou de trésorerie est structurellement plus élevé.
Le mécanisme qui change tout : ouvrez un compte tampon où atterrissent tous vos encaissements, et versez-vous depuis ce compte un « salaire » fixe chaque mois, calibré sur vos mois creux. Vous retrouvez ainsi la régularité d’un salarié, et le surplus s’accumule pour absorber les creux.
FAQ : vos questions sur la gestion de budget
C’est quoi la règle des 50/30/20 ?
C’est une grille de répartition qui affecte la moitié du revenu net aux besoins, trois dixièmes aux envies et un cinquième à l’épargne. Concrètement, sur un salaire de 2 400 € : 1 200 € couvrent le logement, les courses, le transport et les assurances ; 720 € financent sorties et loisirs ; 480 € partent à l’épargne. La règle a été formulée en 2005 par Elizabeth Warren et Amelia Warren Tyagi dans All Your Worth. Le tableur téléchargeable sur cette page calcule automatiquement votre répartition réelle et l’affiche en face de ces objectifs, ce qui permet de voir l’écart en un coup d’œil. Logement au-dessus de 40 % du revenu ? Passez en 60/25/15 sans culpabiliser.
Comment gérer son budget avec 1 500 € par mois ?
Avec 1 500 € net, la règle 50/30/20 donnerait 750 € de besoins, 450 € d’envies et 300 € d’épargne. En pratique, le logement absorbe souvent davantage : visez plutôt une répartition de type 65/20/15, soit environ 975 € de besoins, 300 € d’envies et 225 € d’épargne. À ce niveau de revenu, trois leviers comptent plus que les autres : vérifier votre éligibilité au LEP (2,50 %, réservé aux revenus modestes), contrôler vos droits aux aides sur mesdroits.gouv.fr, et renégocier vos contrats récurrents. Même 50 € d’épargne par mois construisent un fonds d’urgence en deux ans.
Quels sont les 5 principes d’un budget ?
Premièrement, connaître ses chiffres réels avant de décider quoi que ce soit. Deuxièmement, se payer en premier : l’épargne part automatiquement à la réception du salaire. Troisièmement, séparer besoins et envies sans culpabilité, les deux sont légitimes. Quatrièmement, garder une réserve de sécurité disponible avant tout projet. Cinquièmement, revoir régulièrement : un budget se corrige, il ne se subit pas.
Quel budget par mois pour vivre ?
Cela dépend surtout de votre logement et de votre lieu de vie. Pour une personne seule locataire, les dépenses contraintes tournent couramment entre 1 100 et 1 500 € par mois en province, davantage en Île-de-France, avec pour principaux postes le logement (autour de 30 % du budget), l’alimentation (environ 13 %) et le transport. La bonne méthode n’est pas de comparer votre budget à une moyenne nationale, mais de calculer vos propres dépenses contraintes sur trois mois : c’est ce chiffre qui détermine votre reste à vivre et le montant de votre fonds d’urgence.
Quel outil pour gérer son budget gratuitement ?
Un tableur suffit, et c’est le plus complet : notre modèle Excel est téléchargeable gratuitement sur cette page, sans inscription, avec calcul automatique des totaux et comparaison à la règle 50/30/20. Les applications gratuites comme Bankin’, Linxo ou Pilote Budget font le suivi automatique à votre place, avec des fonctions avancées généralement payantes. Le carnet papier reste une option valable pour débuter : le geste d’écrire ancre mieux la dépense qu’une saisie automatique.
Combien faut-il avoir sur son fonds d’urgence ?
Le montant se calcule sur vos dépenses mensuelles, jamais sur votre salaire, ce qui abaisse nettement la cible. La durée à couvrir dépend ensuite de la stabilité de vos revenus : trois mois pour un ménage à deux salaires en CDI, quatre à cinq mois pour une personne seule supportant seule ses charges fixes, six mois au minimum pour un indépendant, un CDD ou un intérimaire. Un étudiant sans loyer à payer atteint déjà un vrai filet de sécurité avec 1 000 à 1 500 €. Le tableau détaillé par situation figure plus haut dans cette page.
Comment gérer son budget quand on est étudiant ?
Deux réflexes et un produit. Vos revenus sont souvent ponctuels (job d’été, bourse trimestrielle, aide familiale) : dans ce cas, divisez la somme reçue par le nombre de mois qu’elle doit couvrir et versez-vous cette part chaque mois plutôt que de vivre au rythme des rentrées. Vérifiez systématiquement vos droits : bourses, aides au logement, Pass Culture. Enfin, le Livret jeune vous reste ouvert jusqu’à 25 ans : plafonné à 1 600 €, il sert de premier compartiment d’épargne, séparé du compte courant.
Comment répartir les dépenses dans un couple ?
La répartition au prorata des revenus est la plus équitable : chacun contribue aux charges communes à proportion de ce qu’il gagne. Pour des revenus de 2 400 € et 1 600 €, cela donne 60 % et 40 % des charges. L’organisation la plus souple reste celle des trois comptes : un compte joint alimenté par ces virements pour toutes les charges communes, et un compte personnel chacun pour le reste. Prévoyez un point budget trimestriel, à faire quand tout va bien plutôt qu’après un incident.
Sources
- Banque de France, baromètre du surendettement des ménages : 148 013 dossiers déposés en 2025, en hausse de 9,8 %,
- Insee, comptes nationaux trimestriels : taux d’épargne des ménages de 17,9 % au quatrième trimestre 2025, et salaire médian,
- service-public.gouv.fr, pour les livrets réglementés (taux en vigueur, plafonds de versement, conditions du LEP) et le montant du SMIC applicable en 2026,
- 60 Millions de Consommateurs, test comparatif des applications de gestion de budget, mars 2026,
- ACPR : registre des établissements agréés pour l’agrégation de comptes.

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