Investir en Private Equity : comment s’y prendre en 2025 ?

Le Private Equity (aussi appelé capital-investissement) est une forme d’investissement où des fonds ou des individus investissent directement dans des entreprises privées, visant à générer des rendements élevés en améliorant leur gestion et leur performance.
Investir dans le Private Equity en résumé
Le Private Equity permet d’investir dans des entreprises non cotées avec un potentiel de rendement supérieur aux marchés traditionnels : 10-12% nets annuels contre 7-8% pour les actions cotées. Autrefois réservé aux grandes fortunes (tickets de 100 000€+), il devient accessible aux particuliers via des plateformes digitales comme Fundora (dès 100€) et des véhicules réglementés français.
Le principe : des fonds spécialisés acquièrent des participations dans des entreprises privées, les accompagnent pendant 5-7 ans pour créer de la valeur, puis les revendent. La contrepartie : les liquidités peuvent être reçues à partir de la cinquième année.
Trois stratégies se distinguent par leur profil risque-rendement : Venture Capital (startups innovantes), Growth Capital (PME en croissance) et Buyout (entreprises matures). La fiscalité reste lourde avec 30% de prélèvements, partiellement compensés par des avantages fiscaux (FCPI/FIP).
Attention à la sélection : l’écart de performance entre les meilleurs et moins bons gérants atteint 15-20 points annuels. Le Private Equity s’adresse aux investisseurs patients, disposant d’un horizon long et capables d’immobiliser 5-15% de leur patrimoine pour diversifier et optimiser leurs rendements.
Le fonctionnement du Private Equity en quelques mots
Le Private Equity fonctionne selon un modèle simple : des sociétés de gestion (General Partners) lèvent des fonds auprès d’investisseurs institutionnels (Limited Partners) pour acquérir des participations dans des entreprises non cotées. Ces fonds, d’une durée de 10 à 12 ans, investissent pendant 3 à 5 ans dans 10 à 25 entreprises, puis les accompagnent activement pour créer de la valeur par l’amélioration opérationnelle, la croissance externe et l’optimisation financière.
Les capitaux sont appelés progressivement selon les opportunités (drawdowns), et les plus-values sont redistribuées aux investisseurs lors des cessions, généralement par vente industrielle, secondary buyout ou introduction en bourse.
La rémunération des gérants combine des frais de gestion annuels (2% des capitaux engagés) et une commission de performance (carried interest de 20% des plus-values), alignant leurs intérêts sur ceux des investisseurs.
Comment investir en Private Equity ?
Aujourd’hui, plusieurs voies d’accès permettent aux investisseurs particuliers de participer à cette classe d’actifs, chacune avec ses spécificités, ses avantages et ses contraintes.
L’investissement direct : la voie royale mais sélective
Critères | Caractéristiques |
Ticket minimum | 250 000€ – 1M€+ |
Durée | 7-12 ans |
Statut requis | Investisseur qualifié |
Transparence | Maximale |
Diversification | Faible (1 fonds) |
L’investissement direct reste la solution la plus pure et potentiellement la plus rentable.
Cette approche consiste à devenir Limited Partner (LP) d’un fonds géré par une société de gestion spécialisée, mais demeure très sélective avec un processus de due diligence de plusieurs mois. Les fonds sont appelés progressivement selon les opportunités, offrant une transparence maximale mais impliquant une illiquidité totale et un risque de concentration.
Les fonds de fonds : diversification et accessibilité
Critères | Caractéristiques |
Ticket minimum | 100 000€ – 500 000€ |
Durée | 7-10 ans |
Diversification | 15-25 fonds sous-jacents |
Frais | Double structure (fonds + sous-jacents) |
Effet J-curve | Lissé |
Ces véhicules collectent les capitaux pour les répartir dans un portefeuille diversifié de fonds de Private Equity. La diversification automatique par stratégies, secteurs et zones géographiques permet de lisser l’effet J-curve, mais la double structure de frais réduit mécaniquement la performance nette. L’expertise des gérants dans la sélection peut partiellement compenser ce surcoût.
Les solutions réglementées françaises : FCPR, FCPI, FPCI et FIP
Critères | FCPR | FCPI/FIP | FPCI |
Ticket minimum | 30 000€ | 5 000€ | 100 000€ |
Durée | 5-10 ans | 5 ans minimum | 5 ans minimum |
Avantage fiscal | Aucun | 18% de réduction d’IR | Aucun |
Contraintes | Flexibles | PME françaises/régionales | Flexibles |
Régulation | AMF | AMF | AMF |
Le législateur français a créé ces véhicules pour démocratiser l’accès au Private Equity. Les FCPR offrent la plus grande flexibilité d’investissement, tandis que les FCPI/FIP proposent des avantages fiscaux attractifs en contrepartie de contraintes géographiques et sectorielles. Les FPCI, quant à eux, sont destinés aux investisseurs professionnels, offrant une grande liberté d’investissement et souvent les meilleures performances avec une régulation allégée. Tous bénéficient de la régulation AMF garantissant une information standardisée.
Fundora : investir dans le private equity à partir de 100€
Critères | Caractéristiques |
Ticket minimum | 100€ |
Durée | 5-10 ans |
Régulation | CIF (ACPR) |
Frais | 3% entrée + 1,7% annuels |
Modèle | SPV + sélection institutionnelle |
Cette fintech française révolutionne l’accès au Private Equity en proposant un ticket ultra-accessible. Le modèle repose sur des SPV agrégeant les capitaux pour investir dans une sélection de fonds « top quartile » par Sanso Longchamp AM. L’architecture ouverte sans rétrocommissions garantit l’alignement d’intérêts, avec une structure tarifaire compétitive dans l’univers du Private Equity.
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L’intégration via l’assurance-vie et la gestion de patrimoine
Critères | Fonds euros PE | UC FCPR |
Ticket minimum | Variable | Variable |
Durée | Flexible | 5-8 ans |
Liquidité | Préservée | Limitée |
Exposition PE | 5-15% | 100% |
Avantages fiscaux | Assurance-vie | AV + PE |
L’assurance-vie propose désormais des solutions intégrant le Private Equity. Les fonds euros avec allocation PE permettent de bénéficier de cette classe d’actifs tout en préservant la liquidité, tandis que les unités de compte FCPR combinent les avantages fiscaux du contrat avec ceux du Private Equity. Cette approche convient aux investisseurs recherchant une gestion pilotée sans implication directe.
Les stratégies d’investissement en Private Equity
Le Private Equity englobe plusieurs stratégies distinctes, chacune ciblant des entreprises à différents stades de développement avec des objectifs de rendement et des profils de risque spécifiques.
Le Buyout
Le Buyout acquiert des entreprises matures et rentables pour les optimiser avant revente. Il se décline selon la taille des cibles :
- Large Buyout : entreprises >500M€ de CA, utilisation intensive de l’effet de levier
- Mid-Market : 50-500M€ de CA, meilleures opportunités de création de valeur
- Small Buyout : <50M€ de CA, valorisations attractives mais accompagnement intensif requis
La création de valeur repose sur l’amélioration opérationnelle, l’effet de levier financier et la croissance externe. Les rendements visent 10-15% par an sur 5-7 ans.
Le Capital-Risque (Venture Capital)
Le Venture Capital finance les entreprises en création ou développement précoce, principalement dans les secteurs technologiques. Les investissements s’échelonnent du financement d’amorçage (100 000€ à 2M€) aux tours de croissance (Seed, Série A, B, C) pouvant atteindre plusieurs dizaines de millions.
Cette stratégie présente le plus fort potentiel de rendement mais aussi les risques les plus élevés : 70% des investissements génèrent des pertes, 20% des rendements modestes, et seulement 10% créent la majorité de la valeur. Les rendements peuvent atteindre 15 à 25% par an sur les fonds performants.
Le Capital-Développement (Growth Capital)
Le Growth Capital s’adresse aux entreprises rentables ou proches de la rentabilité, avec des revenus entre 10 et 100M€ et une croissance supérieure à 15% par an. Les fonds prennent des participations minoritaires (20-49%) pour financer l’expansion géographique, le développement produit ou les acquisitions.
Cette stratégie offre un profil risque-rendement équilibré, avec des rendements typiques de 12-18% par an sur des horizons de 4 à 7 ans.
Les stratégies spécialisées
Le Turnaround investit dans des entreprises en difficulté à des valorisations très décotées. Le marché secondaire acquiert des parts de fonds existants avec décote, réduisant l’horizon d’investissement. Les stratégies sectorielles se concentrent sur des domaines d’expertise spécifiques (santé, tech, énergie).
Des stratégies qui évoluent en permanence
Les critères ESG deviennent incontournables, la digitalisation transforme les méthodes de création de valeur, et l’internationalisation s’accélère. Cette diversité permet aux investisseurs de construire des portefeuilles adaptés à leurs objectifs spécifiques.
Les types de fonds en Private Equity
Le Private Equity se structure autour de différents types de fonds, chacun adoptant des approches spécifiques pour répondre aux besoins variés des investisseurs.
Les fonds généralistes
Les fonds généralistes constituent l’épine dorsale du Private Equity traditionnel. Ils adoptent une approche diversifiée, investissant dans plusieurs secteurs et stratégies simultanément. Levant généralement entre 500 millions et 5 milliards d’euros sur 10-12 ans, ils construisent des portefeuilles de 15 à 25 participations réparties entre buyout, growth et venture capital.
Leur principal avantage réside dans leur flexibilité : ils peuvent s’adapter aux cycles économiques en privilégiant les opportunités de turnaround en récession ou la croissance en expansion. Cette diversification naturelle réduit les risques spécifiques tout en capitalisant sur l’expertise transversale des équipes.
Les fonds sectoriels
Les fonds sectoriels concentrent leurs investissements sur des domaines spécifiques : technologie, santé, énergie, services financiers. Cette spécialisation leur confère un avantage concurrentiel dans l’identification et l’accompagnement des entreprises cibles.
Ils développent une expertise approfondie des cycles d’innovation, des réglementations sectorielles et des dynamiques concurrentielles. Leurs réseaux spécialisés facilitent le sourcing d’opportunités et les acquisitions complémentaires. Cependant, cette concentration expose à des risques sectoriels, comme l’ont démontré les difficultés des fonds énergie lors de l’effondrement pétrolier.
Les fonds géographiques
Les fonds géographiques exploitent leur connaissance des marchés locaux, des réglementations et des écosystèmes économiques régionaux. Les fonds européens dominent le marché continental, les fonds américains restent les plus importants en capitaux, tandis que les fonds émergents (Asie, Amérique latine, Afrique) ciblent des croissances supérieures.
Cette approche permet de maîtriser les spécificités culturelles et réglementaires, mais expose aux risques géopolitiques et de change sur les marchés émergents.
Les fonds de fonds (Fund of Funds)
Les fonds de fonds collectent les capitaux pour les répartir dans 15 à 30 fonds sous-jacents, offrant une diversification immédiate par stratégies, secteurs et géographies. Ils apportent une expertise dans la sélection des gérants et lissent l’effet J-curve du Private Equity.
Leur ticket d’entrée plus accessible (100 000€ à 500 000€) démocratise l’accès à la classe d’actifs. L’inconvénient principal réside dans la double structure de frais qui réduit la performance nette.
Les fonds evergreen
Les fonds evergreen rompent avec le modèle traditionnel en proposant des véhicules permanents sans échéance fixe. Les produits des cessions sont automatiquement réinvestis, maintenant une exposition constante. Les investisseurs peuvent souscrire ou se retirer périodiquement.
Cette flexibilité simplifie la gestion pour les investisseurs mais complexifie l’évaluation des actifs et la gestion de la liquidité.
Les véhicules de co-investissement
Le co-investissement permet d’accompagner les fonds dans des opérations spécifiques, généralement sans carried interest. Cette approche améliore la performance nette et offre une transparence totale sur les investissements.
Elle nécessite cependant des ressources importantes pour analyser chaque opportunité et prendre des décisions rapides.
Cette diversité de structures permet aux investisseurs de construire des allocations sur mesure, combinant différents types de fonds selon leurs objectifs, contraintes et appétit pour le risque.
Rendements et risques : faut-il investir en Private Equity ? Notre avis
Voici selon nous, les avantages, inconvénients et risques à prendre en compte pour savoir s’il faut (selon vos objectifs) investir dans le Private Equity :
Les avantages du Private Equity
Performance et rendements :
- Potentiel de rendements supérieurs : Historiquement 10-12% nets annuels contre 7-8% pour les marchés publics
- Prime d’illiquidité attractive compensant l’absence de liquidité
- Effet de levier amplifiant les performances en période favorable
Diversification et accès :
- Diversification efficace : Faible corrélation avec les marchés cotés (0,6-0,8)
- Accès à des entreprises prometteuses non disponibles en bourse
- Exposition à l’innovation : Startups, technologies émergentes, secteurs en croissance
- Investissement dans l’économie réelle avec impact direct sur les entreprises
Avantages fiscaux et structurels :
- Véhicules fiscalement avantageux : FCPI/FIP avec 18% de réduction d’impôt
- Gestion professionnelle par des équipes spécialisées expertes
- Création de valeur active via l’accompagnement opérationnel des entreprises
Les inconvénients et contraintes
Liquidité et accessibilité :
- Illiquidité totale pendant 7-12 ans selon les fonds
- Tickets d’entrée élevés : 100 000€ à 1M€+ pour l’investissement direct
- Appels de fonds imprévisibles nécessitant une trésorerie disponible
- Complexité administrative et obligations de reporting
Coûts et transparence :
- Structure de frais élevée : 2% de gestion + 20% de performance
- Double niveau de frais pour les fonds de fonds
- Transparence limitée sur les investissements sous-jacents
- Valorisations trimestrielles moins fréquentes que les marchés cotés
⚠️ Les risques spécifiques
Tout investissement comporte des risques qui doivent être identifiés et compris avant toute décision. Dans le cadre des actifs non cotés, certains risques se révèlent particulièrement structurants et peuvent avoir un impact significatif sur la performance globale. Ils se déclinent en plusieurs catégories :
Risques financiers :
- Risque de perte totale du capital investi possible
- Effet J-curve : Rendements négatifs les premières années
- Sensibilité aux cycles économiques et aux valorisations d’entrée
- Risque de concentration sur un nombre limité d’investissements
Risques opérationnels :
- Dépendance à la qualité du gérant : Dispersion de performance de 15-20 points
- Risque de liquidité en cas de besoin urgent de capitaux
- Risque réglementaire et évolution des cadres fiscaux
- Risque de change pour les investissements internationaux
Risques sectoriels et stratégiques :
- Obsolescence technologique particulièrement en Venture Capital
- Risque de marché lors des phases de sortie
- Risque de refinancement en période de resserrement du crédit
- Risque ESG croissant avec les nouvelles réglementations
Investir en Private Equity : quelle fiscalité ?
Régime fiscal de droit commun
Pour les résidents fiscaux français, les gains de Private Equity sont automatiquement soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% :
Composante | Taux | Nature |
Impôt sur le revenu | 12,8% | Prélèvement forfaitaire |
Prélèvements sociaux | 17,2% | CSG, CRDS, etc. |
Total | 30% | Flat tax |
Ce prélèvement s’applique aux distributions ponctuelles reçues pendant l’investissement ainsi qu’aux plus-values finales lors des cessions.
Option pour le barème progressif
Il est possible d’opter pour le barème progressif dans le cas ou c’est plus avantageux, notamment pour :
- Les contribuables dans les tranches marginales inférieures (11% ou 30%)
- Ceux disposant de moins-values antérieures à imputer
- Les investisseurs éligibles aux abattements pour durée de détention
Abattements applicables (option barème progressif uniquement) :
Durée de détention | Abattement sur IR | Prélèvements sociaux |
2 à 8 ans | 50% | 17,2% (inchangé) |
Plus de 8 ans | 65% | 17,2% (inchangé) |
Véhicules à avantages fiscaux
Certains véhicules offrent des avantages fiscaux spécifiques pour encourager l’investissement dans les PME françaises :
FCPI/FIP :
- Réduction d’impôt : 18% du montant investi
- Plafond annuel : 12 000€ (célibataire) / 24 000€ (couple)
- Durée de blocage : 5 ans minimum
- Contrainte d’investissement : 70% en PME innovantes (FCPI) ou régionales (FIP)
FCPR éligibles :
- Exonération totale d’IR après 5 ans de détention
- Prélèvements sociaux : 17,2% maintenus
- Conditions d’éligibilité strictes selon la réglementation AMF
Gestion des moins-values
Le système français permet une gestion optimisée des moins-values sur une période de 10 ans :
Mécanisme d’imputation :
- Imputation prioritaire sur les plus-values de l’année courante
- Report automatique des excédents sur les années suivantes
- Création d’un « crédit fiscal » pour réduire les impositions futures
- Lissage fiscal sur plusieurs années d’investissement
Cas des investisseurs non-résidents
Les non-résidents fiscaux français bénéficient d’un régime plus favorable :
Situation | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Obligations |
Non-résident | Exonéré (sauf exceptions) | 17,2% | Déclaration pays de résidence |
Résident français | 12,8% ou barème | 17,2% | Déclaration française |
Simplification avec les plateformes digitales
Les nouvelles plateformes (Fundora, etc.) automatisent la gestion fiscale :
La plupart des services sont inclus :
- Prélèvement automatique de la flat tax lors des distributions
- Fourniture d’IFU (Imprimé Fiscal Unique) pour la déclaration
- Déclaration pré-remplie des gains et pertes
- Suivi centralisé des moins-values reportables
- Réduction des risques d’erreur déclarative