Les Livret A, LDDS et LEP sont-ils réellement boudés par les français ? Les raisons dévoilées

En avril 2024, les Livrets A et LDDS ont vu leur performance ralentir face à une concurrence accrue, tandis que le LEP a enregistré un recul historique. Zoom sur des tendances contrastées des livrets d’épargne.

Résumé :

  • Le livret A et le LDDS enregistre une collecte en baisse en Avril 2024 par rapport aux mois précédents
  • Les ménages français se tournent de plus en plus vers des solutions comme les comptes à terme ou l’assurance-vie
  • Malgré un taux avantageux et un record d’encours, le LEP enregistre quant à lui un recul historique

Chers épargnants, l’heure est grave. Vos placements préférés, les livrets réglementés, traversent une période de turbulences. Alors que les Livrets A et LDDS enregistrent un ralentissement de leur collecte, le LEP subit quant à lui un recul historique. 

Les derniers chiffres publiés par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) révèlent en effet des tendances préoccupantes. Si la collecte nette reste positive pour les Livrets A et LDDS, elle marque un net ralentissement par rapport aux mois précédents. Le LEP, de son côté, voit ses retraits excéder ses dépôts pour la première fois depuis près de deux ans. 

Mais quelles sont les raisons de ces évolutions inquiétantes ? La réponse se trouve en partie du côté de la concurrence. L’assurance vie et les comptes à terme, avec leurs taux de rémunération attractifs, semblent en effet séduire de plus en plus d’épargnants, au détriment des livrets réglementés

Des performances en demi-teinte pour les Livrets A et LDDS

Malgré un ralentissement, les Livrets A et LDDS ont tout de même enregistré une collecte nette positive de 2,24 milliards d’euros en avril 2024. Dans le détail, les Livrets A ont capté 1,48 milliard d’euros, tandis que les LDDS ont attiré 760 millions d’euros. Ces chiffres, bien qu’en baisse par rapport aux mois précédents (2,44 milliards en mars 2024) et bien en dessous des performances d’avril 2023 (3,48 milliards), permettent néanmoins à l’encours total de ces deux livrets d’atteindre un nouveau record à 576,2 milliards d’euros à fin avril.

Cette performance en demi-teinte s’explique principalement par une concurrence accrue de la part d’autres produits d’épargne. En effet, l’assurance vie et les comptes à terme, avec des taux de rémunération attractifs, captent une part croissante de l’épargne des ménages

Selon Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne : 

“la communication (des assureurs) de leur rendement 2023 et les opérations de taux bonifiés lancées par les assureurs ont conduit les épargnants à revenir sur ce type de supports”

Ainsi, malgré un taux net de 3% pour les Livrets A et LDDS, leur attrait s’essouffle face à cette concurrence.

Le LEP face à des défis inédits

Le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes et offrant un taux avantageux de 5% net, a quant à lui connu un mois d’avril 2024 plus difficile. Pour la première fois depuis mai 2022, les retraits ont excédé les dépôts, entraînant une “décollecte” de 270 millions d’euros.

Plusieurs facteurs expliquent ce recul historique. D’une part, de nombreux épargnants atteignent le plafond de 10 000 euros, freinant ainsi la croissance des encours. D’autre part, les banques procèdent traditionnellement à la fermeture des LEP des épargnants dont les revenus dépassent les seuils d’éligibilité, une opération généralement réalisée au printemps.

Malgré ces défis, le LEP affiche tout de même des chiffres record. Selon François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, le nombre de LEP ouverts atteint désormais 11,5 millions, pour un encours total de 75,9 milliards d’euros à fin avril, contre 55 milliards un an plus tôt. Il est important de noter qu’au moins 19 millions de Français seraient éligibles à ce produit d’épargne, selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

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